Centrafrique : la solution serait-elle institutionnelle ?

Publié le 29 mai 2019 , 4:55
Mis à jour le: 29 mai 2019 4:55
Bangui après un affrontement entre Seleka et Anti-Balaka en 2014. CopyrightCNC.

 

 

Bangui (République centrafricaine) – Les centrafricains semblent aujourd’hui dans l’attente d’un homme providentiel qui répondrait par ses vertus (expérience, force, leadership, courage, intégrité, intelligence, sagesse etc.) à tous les maux du pays. Cet homme dirigerait la nation dans

 

le cadre institutionnel actuel avec un Président de République clef de voûte des institutions et chef de Pouvoir Exécutif.

 

Le problème est que les hommes vertueux peinent à émerger et que le système institutionnel actuel calqué sur la Cinquième République Française favorise une élection (la plupart du temps truquée) qui fige pour de nombreuses années un régime de népotisme, de clientélisme, de prédation incapable de répondre aux urgences et aux défis du pays. Les réformes nécessaires ne sont pas menées et la forte concentration du pouvoir dans la capitale entraîne un abandon des provinces délaissées au détriment du développement et de l’intérêt général de la nation.

 

Il apparaît donc aujourd’hui urgent de repenser le système institutionnel pour cadrer les dirigeants, répondre aux besoins de la nation et mettre fin à cette malédiction enfermant le pays dans la corruption, les rebellions et le sous-développement.

 

Une solution pourrait être de favoriser un régime de type parlementaire avec une forte décentralisation accompagnée d’une déconcentration réelle. Ce système reposerait sur des élections législatives, provinciales et municipales plutôt que sur une seule élection présidentielle biaisée qui figerait la vie politique pendant des années. Une multitude d’élections locales seraient en effet plus difficiles à truquer pour un seul parti qu’une seule élection nationale et offrirait au peuple une meilleure réprésentativité. Le Président de la République serait élu par un collège électoral restreint de députés, gouverneurs, de maires qui interviendrait aussi pour la répartition des postes ministériels, limités en nombre et choisis sur des bases purement techniques et administratives. Les citoyens serait dans ce système mieux à même de contrôler leur député, maire ou autre représentant local qu’un Ministre ou des conseillers présidentiels isolés dans la capitale et dépendant uniquement du pouvoir discrétionnaire Président. Le député ou maire prédateur, corrompu aurait ainsi directement des comptes à rendre à ses électeurs et concitoyens de proximité alors que le système actuel consacre des Ministres, députés et conseillers selon la vigueur de leur soutien au Président au détriment de l’intérêt général national. Ce système institutionnel répondrait aussi mieux aux menaces d’ingérence de puissances étrangères, de rebellions armées d’affairisme ou autres maux qui se nourrissent de ce statu quo infernal sur le dos de la population.

 

Le débat est ouvert.

 

 

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