CENTRAFRIQUE : LA PAIX DOIT ÊTRE CENTRAFRICANO-CENTRAFRICAINE

Bsp Bruno-Serge PIOZZA
Bsp Bruno-Serge PIOZZA

LA PAIX DOIT ÊTRE CENTRAFRICANO-CENTRAFRICAINE

Il est de coutume en République Centrafricaine que toutes crises politico-militaires ou sociales doivent trouver leur solution à l’extérieur du pays. La solution au problème Centrafricain ne vient pas souvent des centrafricains et on n’associe jamais ces derniers à des décisions importantes qui les concernent ou leur pays et aussi à la recherche d’une paix durable et efficace. L’exemple le plus touchant vient en fait d’une rencontre organisée entre les bourreaux des Centrafricains à Addis-Abeba (Nourredine Adams, François Bozizé et Michel Djotodjia) les 3 personnes qui ont mis le pays à terre et les Centrafricains dans le désarroi total. Le Médiateur de la crise Centrafricaine Monsieur Denis Sassou NGUESSO n’a pas tiré les leçons et les conséquences de la crise Centrafricaine de 1996, 1997, 2003. Il persiste et signe toujours sur le mauvais chemin qui conduira de nouveaux les peuples Centrafricains dans une autre crise dans les jours à venir car les vraies victimes n’ont pas encore eu la chance de commencer à faire la paix entre eux du fait que l’insécurité reste exponentielle et le pays est divisé en deux. Les anti balaka et les seleka n’ont pas été désarmés, il y a toujours des attaques entre les différentes fractions à Mbrés, Bambari, Nola ou Batangafo. La découverte ce dernier d’un charnier à Ippy ( 250 paysans exécutés froidement et lâchement par les rebelles de la seleka basée à Bambari) au vu et au des éléments de la Minusca et des militaires français de la Sangaris donc la plaie de cette crise est encore ouverte et saignante.

La recherche d’une paix durable et efficace en République Centrafricaine doit tenir compte d’une variable essentielle Monsieur le Médiateur Dénis Sassou NGuessou : Les victimes Centrafricains de cette crise, les vrais hommes politiques Centrafricains et les clergés. Cette recherche de paix doit dérouler sur le sol centrafricain et dans différentes provinces Centrafricaines entre les protagonistes. Les villageois Centrafricains, Les Musulmans Centrafricains et les opérateurs économiques Centrafricains qui ont perdus leurs biens et parfois l’un des membres de leur famille doivent faire la paix entre eux d’abord et leurs bourreaux par la suite afin de trouver une paix durable et efficace. Laisser les victimes sur le banc des touches et donner une importance capitale à ceux qui sont la cause de la crise centrafricaine ne pourront qu’empêcher le retour d’une paix durable et sincère. Cette démarche anti démocratique et inhumaine pourrait développer encore chez les victimes un sentiment de haine et de vengeance qui a atteint déjà un niveau record parmi les différentes communautés Centrafricaines. Il est question de sortir les Centrafricains dans cette spirale de crise qui dure depuis l’indépendance jusqu’à présent et non de bidouiller ou bricoler une paix qui mettra encore en péril les centrafricains dans les années à venir.

La question qui se pose en ce moment en Centrafrique est celle de la sécurité, la paix viendra en second et l’élection présidentielle au dernier. On ne peut pas mettre la charrue avant les bœufs. Les Centrafricains veulent en ce moment finir avec cette crise qui ne trouve pas son nom et qui perdure donc laisser le choix et le temps au Centrafricain pour trouver une solution efficace à l’amiable, durable et sincère à cette crise afin de bannir définitivement une nouvelle tentative de force après une élection présidentielle organisée à 500km/ h et fabriquée de toutes pièces au mois de Juin 2015 et que les mécontents qui n’auront pas le suffrage universelle vont encore fabriquer une rébellion de toutes pièces pour créer une autre crise dans ce pays meurtri. Les représentants des différentes confessions religieuses, les hommes politiques et la société civile doivent sillonner toutes les provinces, s’asseoir avec les victimes et si possible avec leurs bourreaux dans le dessein de débattre, demander pardon aux victimes et instaurer une paix dans toutes les provinces et entre les différentes communautés musulmanes, chrétiennes, minorité peuls martyrisés, les anti Balaka et les Seleka. Cette paix doit venir du fond de cœur de ces Centrafricains. On ne monnaye jamais une paix et il importe de ne pas négliger une partie. On doit associer toutes les parties à cette démarche importante y compris les Seleka et les anti Balaka.

Les Centrafricains ne veulent qu’une chose, retrouver la sécurité et la paix entre centrafricains. Donnez-nous cette occasion pour retrouver une paix durable, sincère et efficace afin que le peuple centrafricain retrouve la quiétude et une vie meilleure que celle que nous connaissons en ce moment quel que soit nos différences confessionnelles car l’heure est grave dans mon pays la République Centrafricaine. Nous les centrafricains instruits (hommes politiques, Diaspora, Étudiants, Opérateurs économiques….n’ont pas le droit de faire fi des intérêts de la population civile déjà sévèrement affligée par cette crise la plus grave que connait notre pays. Il faut impérativement laisser de côté les intérêts partisans, les calculs politiciens, le problème de groupe ethnique, de la région et rechercher résolument les solutions de sortie de crise par le pardon, la réconciliation, la sécurité et la paix le plus rapidement possible. Il ne faut pas se faire d’illusions car la crise centrafricaine ne peut être résolue que par les centrafricains et ceci dans l’intérêt de la population civile centrafricaine.

Les intellectuels centrafricains ne doivent pas donc se laisser piéger pour la nième fois. Saisissant cette opportunité pour remettre à plat tous les maux que gangrènes notre pays afin qu’on puisse trouver un nouveau élan comme les autres pays voisins. Toutes ces démarches doivent mener d’une manière démocratique sans faire l’usage de la force ni des armes. Certes, la sécurité, la paix et la stabilité politique sont les bases même d’un redémarrage économique d’un pays car sans le respect de ces bases ; notre pays va de nouveau plonger dans une nouvelle crise. Tournons la page de cette période meurtrière qu’a connu notre pays.

Par Bsp Bruno-Serge PIOZZA