Centrafrique : « Je déplore notamment le climat délétère qui s’est instauré dans le débat politique de notre pays », dixit Faustin Archange Touadera.

les électeurs devant un bureau de vote
Touadera lors de son adresse à la nation à l’occasion de la fête de la proclamation de la République, le 30 novembre 2019.

Touaderadéplore  «  le climat délétère qui s’est instauré dans le débat politique du pays », .

Bangui (République centrafricaine) – Deux principaux sujets ont dominé dans le discours du Chef de l’Etat, lors de son adresse à la nation à la veille de la commémoration des 61 ans de la Proclamation de la République, l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, signé le 6 février 2019 et les prochaines élections présidentielle et législatives. C’est la réponse que Faustin Archange Touadera a tenté de répondre aux préoccupations de tous, samedi 30 novembre 2019.

 

Sans détours, le Président de la République Faustin Archange Touadera a choisi répondre à l’opposition politique qui, tablant sur l’impossibilité de l’exécutif de tenir le calendrier électoral à terme, ce qui divise la classe politique, la société civile et les institutions de la République.

« Nous célébrons ce 1er  décembre à un moment crucial de l’histoire de notre pays. A cette occasion, je voudrais tenter de répondre à vos interrogations sur les problèmes qui nous préoccupent tous ; qu’il s’agisse de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, signé le 6 février 2019; qu’il s’agisse du contexte assez tendu de la politique intérieure de notre pays ; qu’il s’agisse des prochaines élections présidentielle et législatives », a-t-il indiqué d’entrée de jeu.

Pour se montrer convaincant et sur un ton conciliant, le mathématicien appelle les centrafricains à croire à la réussite de cet accord. « Cet Accord, qui demeure une œuvre humaine, donc perfectible, semble ne pas avoir levé tous les doutes dans l’esprit de certains d’entre nous. Je vous exhorte à ne pas céder au pessimisme et aux manœuvres de diversion qui pourraient mettre en péril la perspective d’un retour à une paix durable en Centrafrique. Cette paix durable, à laquelle nous aspirons tous et pour laquelle je consacre toute mon énergie, est avant tout une responsabilité nationale. Il appartient donc aux Centrafricains, avec l’aide de nos partenaires, de s’approprier l’Accord pour la paix et la réconciliation et de trouver les voies et moyens pour sa mise en œuvre efficace et effective », a exhorté le Président Faustin Archange Touadera.

La persistance dans les luttes fratricides, dans d’éternels débats et autres diatribes pour la revendication du pouvoir politique, est à craindre que nous occultions l’essentiel, à savoir le développement socio-économique de notre pays, selon le Chef de l’Etat, qui invite la classe politique à revenir à l’essentiel, aux fondamentaux de développement identifiés par le Père Fondateur de la République, à savoir : nourrir, vêtir, loger, soigner et instruire.

L’autre source de préoccupation qu’il avait abordée dans son adresse à la nation concerne le climat politique actuel. « Sur le plan de la politique intérieure, j’observe deux faits dominants qui semblent attiser les humeurs et alimenter les contradictions », dit-il, avant de déplorer, «  le climat délétère qui s’est instauré dans le débat politique de notre pays », s’inquiète-t-il.

En prenant de la hauteur, Touadera appelle les hommes politiques « d’éviter que les passions ne s’exacerbent et que le débat contradictoire, propre à toute démocratie, ne prenne l’allure de guérilla permanente et de règlement de compte », a-t-il prévenu.

Même si  notre Constitution nous donne le droit à la liberté d’expression et selon ce principe, le débat politique se doit être libre, vigoureux, éducatif, digne et courtois, croit-il, et que cela ne doit pas semer la discorde et saper la confiance des Centrafricains envers leurs institutions démocratiques.

« La République ne se construit pas par la démagogie et le mensonge ! », conclut-il.

Touadera a ainsi répondu à l’opposition démocratique qui multiplie des attaques verbales  contre lui et son gouvernement.

 

Cédric Wa-Gomba

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