Centrafrique : Ippy, les taxes de l’UPC exacerbent la population.

Publié le 4 juin 2019 , 6:14
Mis à jour le: 4 juin 2019 6:14
Chargement d’un camion venu de Bangui dans la ville d’Ippy dans la Ouaka. Crédit photo : Moïse BANAFIO / CNC

 

Ippy (République centrafricaine) – L’unité pour la paix en Centrafrique (UPC), dirigée par Ali Darassa, Ministre et conseiller du Premier ministre Firmin Ngurébada, continue, malgré l’accord de Khartoum, d’imposer ses multiples taxes illégales à la population de la Ouaka et de la Basse-Koto.

 

Il y’a deux semaines sur la radio Ndeke-luka, le porte-parole de l’UPC, Monsieur Moussa Aliou BOBILI avait démenti catégoriquement l’existence d’une taxe quelconque de l’UPC  imposer à la population dans sa zone de juridiction.

Malheureusement encore une fois, l’UPC vient de dire le contraire à la population centrafricaine.

 

Dans un reportage de l’une de nos équipes dirigées par notre journaliste Moïse Banafio dans la localité d’Ippy, à 60 kilomètres de Bambari dans la préfecture de l’Ouaka, zone de juridiction de l’UPC, tout porte à croire que la population continue malheureusement de payer lourdement des taxes illégales imposées par Ali Darassa, chef d’État-major de l’UPC, Commandant supérieur des FACA  et ministre Conseiller du Premier ministre Firmin Ngurébada.

 

D’après notre équipe qui a enquêté sur l’affaire, pour un sac farine de manioc acheter dans la sous-préfecture d’Ippy par exemple, l’acquéreur doit payer la taxe de l’UPC qui s’élève à 1000 francs CFA. Et si jamais celui-ci vient de Bangui ou d’une ville en dehors de la zone de l’UPC, il doit payer en sus 5000 francs CFA de frais de sécurité.

 

Pour les transporteurs, les taxes sont beaucoup plus lourdes qu’on le pense.

D’après un conducteur que nous avons contacté à Ippy, celui-ci explique qu’il pourrait payer jusqu’à 500 000 francs CFA s’il quitte Bambari pour aller à Bria par exemple.

 

Ce qui est étonnant dans tout ça, tous ces véhicules taxés par l’UPC  sont escortés par les soldats de la Minusca et à chaque checkpoint des rebelles, la Minusca les lâches à la merci de l’UPC qui les taxes suffisamment en leur présence.

 

En outre,  nombreux sont des commerçants venus de Bangui à Ippy pour acheter des maniocs qui déplorent l’attitude de la Minusca qui semble fermer ses yeux vis-à-vis du comportement des rebelles.

À en croire à leurs propos, c’est devant la base opérationnelle de la Minusca à Ippy qu’il se faisait déposer régulièrement, mais les rebelles sont venus les taxer individuellement en présence des soldats de la Minusca qui n’ont pas réagi.

 

Contactée par CNC, le bureau de la Minusca à Bangui n’a pas souhaité répondre à nos messages.

 

Entre temps, le sous-préfet d’Ippy, Monsieur Jean-Pierre KADA, intimidé par les groupes armés,  se dit impuissant et incapable de réagir devant de tels actes.

 

 

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