Centrafrique : Dominique Yandocka dénonce les relations amicales du chef de l’État avec les chefs rebelles.

Publié le 29 septembre 2019 , 1:57
Mis à jour le: 29 septembre 2019 1:57

 

 

 

Propos liminaires de conférence de presse du 28 Octobre 2019

 

Messieurs les professionnels des médias,

Centrafricaines, Centrafricains,

Chers (e) compatriotes,

À l’issue des divers constats que nous avons faits, il m’est impératif de prendre la parole à l’heure où notre cher et beau pays est en train de traverser les moments les plus sombres de son histoire.

Depuis le push du 24 Mars 2013 qui a eu des conséquences graves sur le fondement de la Nation, inféodant ainsi les valeurs traditionnelles et Républicaines, détruisant le tissu socio-économique et fragilisant notre fraternité, notre pays est plongé dans le chaos total, notre démocratie a pris un coup et désormais des problèmes multiformes soulignent le quotidien du Centrafricain.

L’élection en 2016, suivi du serment du Président Faustin Archange TOUADERA avait redonné de l’espoir à nos concitoyens qui pensaient renouer de nouveau avec la paix, la sécurité, la stabilité, le développement, etc.

Peu de temps après, l’espoir s’est transformé en désespoir, les relations amicales du Chef de l’état avec les Groupes armés ne sont plus à démontrer. Les exactions graves sont devenues monnaies courantes dans l’indifférence totale de nos gouvernants tout comme la MINUSCA. Les souvenirs les plus macabres font le quotidien du peuple, je citerai par exemple les exactions lors de   la tenue de la JMA à Bambari, les tueries dans les localités de Boeng, Koundili, Loumouna sans oublier les plus récentes catastrophes qui se sont produites à Birao et Mingala. Le bilan est gravissime avec un tableau plus que sombre.

La souffrance du peuple Centrafricain ne se décroit guerre. Le Gouvernement qui est le 1ér responsable Constitutionnel et qui a prêté serment de protéger la population comme la Communauté Internationale, plus précisément la MUNISCA, ont failli à leurs devoirs de protection du peuple conformément d’une part aux engagements Constitutionnels et d’autre part à la dernière résolution des nations unies (24/48).  La MUNISCA qui devrait être une force d’interposition se présente malheureusement comme une force spectaculaire, assistant impuissant à tous les événements malheureux que subit le peuple.

L’occupation de plus de 80% du territoire national ne peut permettre aux citoyens lambda de vaquer à leurs activités. Les multiples problèmes socio-économiques, commerciaux et sécuritaires ont imposé la nécessité de la tenue d’un dialogue inclusif. Ce qui a amené le gouvernement à organiser le 26 Janvier la maladroite rencontre de Khartoum qui s’est soldée par la mise en place d’un accord précipité et mal ficelé le 06 février de la même année à Bangui, par les parties signataires (Gouvernement et Groupes Armés).

La politique sélective des participants à ce rendez-vous historique a été la pierre d’achoppement de cette rencontre.  La négociation n’a pas tenu compte des réalités Centrafricaines et les gouvernants ont exclu les forces vives de la nation. Tant bien que mal, ils ont cru que cette parodie d’accord pouvait être le garant et l’unique voix de sortie de crise, ou encore un édifice durable pour la paix et la stabilité.

Force est de constater que la fragilité de cet accord n’est plus à démontrer, les violations graves de droit et atteintes sont légion et l’avenir très incertain.

En l’An 2020 nous devrions aller aux élections groupées (présidentielles législatives sénatoriales et Municipales), mais le contexte du moment n’y sied pas. La recrudescence des violences dans l’arrière-pays occasionnant l’insécurité permanente, le désaccord de la classe politique et de la société civile avec le Gouvernement sur le calendrier électoral, l’expiration du mandat des membres de l’ANE quatre (4) jours avant le début du processus électoral, la démission de certains chefs rebelles des hautes  fonctions de l’état où ils ont été nommés pose un problème au processus du désarmement qui devrait être effectif bien avant les élections, selon le calendrier indiqué .

Le Mouvement ITA que j’ai la charge de conduire s’inscrit dans la logique du report de ces opérations électorales pour des raisons déjà cités ci- haut et lance un vibrant appel à toutes les centrafricaines et tous les centrafricains afin qu’ils soient vigilants pour que les ennemis de la démocratie ne nous enfoncent davantage.

Que ceux qui aimeraient se prêter à un quelconque jeu dans le but de procéder soit à la modification de la Constitution, soit au tripatouillage de certaines de ses dispositions pour une prorogation du Mandat du Président de la république et des parlementaires en place se détrompent. Nous leur demandons de relire l’Article 35 de la constitution.

Nous serons aux coté du peuple Centrafricain qui dira non à toute tentative anticonstitutionnel et anti-démocratique envisagée par le pouvoir en place. Ces pratiques dictatoriales et anarchiques relèvent d’une autre ère et contribueront à remettre en cause le processus de la pacification de notre cher et beau pays.

Le Mouvement ITA n’acceptera ni ne tolèrera aucune compromission qui pourrait mettre en danger l’avenir de la République Centrafricaine.

C’est pourquoi, nous en appelons à la conscience patriotique et à l’éveil à l’égard du grand danger à l’horizon.

Le Mouvement ITA reste ouvert et prêt au dialogue en vue d’apporter sa part de contribution à la reconstruction Nationale.

Sauvons la patrie pour que vive la république !

Je vous remercie.

 

 

Fait à Bangui, 28/09/2019

 

 

 

 

 

 Pour le Mouvement ITA

 

 

 

 

Dominique YANDOCKA            1er Secrétaire Général