Centrafrique : Bocaranga, le chef rebelle Abass Sidiki exige la présence des Faca avant de se retirer de la ville.

Publié le 25 septembre 2017 , 10:45
Mis à jour le: 25 septembre 2017 10:45

Centrafrique : Bocaranga, le chef rebelle Abass Sidiki exige la présence des Faca avant de se retirer de la ville.

 

Le général Abbas Sidiki

 

Bangui, le 26 septembre 2017.

Par : Gisèle MOLOMA, CNC.

La sous-préfecture de Bocaranga, occupée très tôt le samedi dernier par les rebelles du groupe 3R appuyés par ceux de la séléka faction MPC du génral Bahar, est actuellement coupée du reste du pays. Le Chef suprême du 3R le général peul camerounais Abass Sidiki, qui a dirigé personnellement le combat, exige la présence des Faca dans la ville avant leur retrait.

Mais pourquoi une telle exigence aux autorités du pays ?

Contacté par téléphone depuis la ville de Bouar par notre journaliste, le chef rebelle Abass Sidiki, déplore les agissements des miliciens Anti-Balaka qui ne sont que des « voleurs du bétail appartenant aux éleveurs peuls » d’apres sa propre qualification. Selon lui, chaque jour qui passe, les miliciens anti-Balaka ne cessent de les provoquer sans aucun motif alors qu’ils n’ont pas intérêt à faire la guerre ou provoquer qui que ce soit.

« Si nous sommes aujourd’hui à Bocaranga, c’est parce que nous nous sentons marginaliser par les autorités de cette sous-préfecture complices des Anti-Balaka. Alors, sans la présence des soldats Faca à Bocaranga, nous serons dans l’obligation de maintenir notre présence pour une durée indéterminée », a martelé le général Abass Sidiki.

Alors que la ville est toujours entre les mains de la Séléka du général Bahar et du 3R du général Abass Sidiki, les anti-balaka, qui disaient à qui veut les entendre qu’ils sont des protecteurs de la population, sont en fuite très loin de la ville. Certains, séjournent depuis samedi midi à Bozoum, la capitale préfectorale de la région situé à environ 120km de l’épicentre d’attaques, d’autres, qui n’ont pas de jambes, souffle suffisant ou des motos pour s’enfuir, se contentent de se fondre parmi les déplacés dans des camps.

À Bozoum, la nouvelle de la prise de Bocaranga crée une panique sereine sous une accalmie trompeuse au sein de la population qui n’a plus confiance aux anti-Balaka qu’elle croyait à tort capable de les protéger en cas d’une menace quelconque.

Du côté des autorités gouvernementales et militaires basées à Bangui, c’est le silence des morts qui domine. Les généraux se livrent aux combats des prérogatives et le Premier ministre s’envole pour une fête à Luanda en Angola. Seuls, deux députés sur les trois que compose la ville ont monté au créneau pour dénoncer et condamner, verbalement et sans moyens d’agir, ces violences notamment Anicet George Doléguélé de Bocaranga 1 et Martin Ziguélé de Bocaranga 3.

Pour l’heure, aucun bilan officiel de cette incursion n’est disponible, mais de survivants arrivés hier soir à Bouar parlent de plusieurs dizaines des personnes abattues et des maisons incendiées ou saccagées sans oublié la famine qui risque de faire plus de dégât que les armes parmi les enfants réfugiés avec leurs parents dans la brousse.

Rappelant qu’en décembre 2016, les élus de la région étaient partis rencontrer le général Abass Sidiki dans son fief à Koui et avaient ramené aux autorités gouvernementales, un catalogue d’exigences à remplir en vue de quitter la ville. Entre autres exigences contenues dans le catalogue, le redéploiement des éléments de FACAs à Koui, Makounzi-Ouali et Bocaranga. Malheureusement, ce catalogue, d’après un homme politique interrogé par CNC sur la suite, “est déposé dans les mains d’un manchot et les restitutions, tombées dans des oreilles bouchées. Et c’est la population qui en paie les frais”.

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