Centrafrique / Bambari : un corps sans vie d’un homme retrouvé dans la base des Russes.

Publié le 17 juin 2019 , 5:30
Mis à jour le: 17 juin 2019 5:30
Des mercenaires russes dans leur base à Sibut dans la préfecture de Kémo en juillet 2018. Crédit photo : Corbeaunews.

 

 

Bambari (République centrafricaine) – Lundi 17 juin 2019, un homme de 42 ans dénommé Ndakala alias Zèpété a été retrouvé sans vie au fond d’un puits dans la base opérationnelle des mercenaires russes à Bambari.

 

D’après le premier rapport d’examen médical sur le corps de la victime pratiqué à l’hôpital préfectoral de Bambari, celui-ci présente des traces de tortures et d’étranglement.

 

En effet, d’après nos informations, Monsieur Ndakala, qui est venu de Bangui avec sa moto depuis environ deux semaines, voudraient se rendre dans la ville minière de Bria afin d’assister sa mère qui serait malade, si possible la ramener à Bangui.

 

Une fois sur place à Bambari, des informations sur les tracasseries des rebelles sur l’axe Bria l’ont poussé à privilégier un mode de transport alternatif que celui de la moto qui est très risquée. Ainsi, il décide de rester à Bambari et faire de taxi-moto en attendant de trouver de liquidité nécessaire à son prochain voyage à Bria.

 

Côme par hasard, les Russes cherchent des ouvriers pour nettoyer un puits d’eau utilisée par des rebelles à l’époque pour enterrer des corps des personnes qu’ils auraient assassinés.

Alors que monsieur Ndakala,qui vivait à Bangui au moment de cette crise, ne connaissait pas l’histoire de ce puits que les Russes voudraient nettoyer. Il accepte l’offre d’emploi des Russes pour aller faire ce travail de nettoyage.

Malheureusement quelques jours après avoir creusé ce trou, lui et son adjoint se sont rendu compte qu’ils sont piégés, vu l’étendue du boulot à faire et leur rémunération qui serait très inférieure. Ils décident alors de rester depuis trois jours à la maison pour protester contre leur rémunération qu’ils jugent modique.

 

Cependant, dans la matinée de ce lundi 17 juin 2019, deux mercenaires russes se sont présentés au domicile de Monsieur Ndakala pour lui dire de revenir travailler après ils verront comment ils vont arranger les choses pour lui. Sans hésiter, il prend ses outils et repart dans la base des Russes.

 

Contre toute attente, vers 14 heures, les Russes ont transporté son corps sans vie dans leur pick-up pour déposer aux urgences de l’hôpital de Bambari alors que la victime est déjà morte depuis.

Après quelques questions posées par les urgentistes, les Russes expliquent qu’ils auraient retrouvé le corps de la victime au fond du puits qu’il est censé nettoyer.

 

En présence des commandants locaux de la gendarmerie, de la police et des FACA, l’examen du corps présente des traces de tortures et d’étranglement. D’ailleurs, son cou est totalement brisé, tandis que sa tête ne présente aucune trace de choc. Ce qui sous-entend que la victime serait attachée par des cordes, puis étranglée par ses bourreaux.

 

À Bambari, la nouvelle de la mort de monsieur Ndakala fait réagir plus d’un. Des soulèvements des jeunes ont été signalés dans plusieurs quartiers, mais grâce au pragmatisme des commandants de gendarmerie et de la police, appuyées par leur collègue des FACA, des négociations ont été entreprises avec les manifestants et le calme est revenu.

Alors que les mercenaires russes, qui  ont perdu toute leur crédibilité aux yeux de la population locale du fait de leur comportement vis-à-vis de cette dernière, sont devenus depuis lundi 17 juin dans la soirée des persona non grata  à Bambari.

 

Il y’a lieu de rappeler qu’en début d’année 2019, un mercenaire russe avait abattu son rival au village Pissa, dans la préfecture de la Lobaye avant d’être relocalisé par le pouvoir de Bangui qui entend les protéger à tout prix. Pourtant, quelques semaines après, à Bambari, des mercenaires russes sont soupçonnés d’avoir sectionné la main d’un homme de confession musulmane qu’ils accusent à tort d’avoir collaboré avec le chef rebelle de l’UPC.

En tout cas, les dégâts des mercenaires russes commencent à souler les Centrafricains.

 

 

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