Centrafrique : Abdoulaye Miskine, le maquisard, piégé par les services secrets tchadiens sera extradé vers Bangui

 

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – Le gouvernement Centrafricain a clairement indiqué mercredi que des discussions sont déjà engagées avec des autorités tchadiennes pour une probable extradition d’Abdoulaye Miskine vers la Centrafrique car, un mandat d’arrêt international avait été émis contre lui depuis le mois de juillet par les autorités centrafricaines.

 

L’annonce a été faite mercredi 20 novembre 2019 par le porte-parole du gouvernement, Ange Maxime Kazagui, lors de la Conférence de presse conjointe Minusca-gouvernement.

Sans attendre, le pouvoir de Bangui s’activerait déjà en coulisses pour décrocher l’extradition du leader du Front Démocratique et du Progrès en Centrafrique (FDPC), Abdoulaye Miskine rompu au mercenariat et à la rébellion, auprès des autorités tchadiennes. Abdoulaye Miskine avait été interpellé en compagnie de deux autres chefs rebelles Bahar et Rakis, tous recherchés par la justice Centrafricaine, mardi dernier alors qu’ils se trouvaient sur le sol tchadien.

Pour son mouvement armé, actif dans l’Ouest du pays, leur leader a été piégé par les services secrets tchadiens car sa présence sans cesse signalée vers le Tchad inquiétait les autorités centrafricaines. Dans le souci d’éviter toute brouille avec le voisin centrafricain et de ne pas envenimer davantage les relations aujourd’hui peu amicales entre les deux pays, le gouvernement tchadien s’est vu obligé de mettre la main sur Abdoulaye Miskine.

« Il allait au Tchad sans aucun problème. Il y allait et dormait même dans les hôtels à Ndjamena. Il a été piégé par les agents du contre-espionnage tchadiens avec qui il était en communication depuis quelques temps. Ces personnes s’affichaient comme étant des contrebandiers d’armes alors que c’était un traquenard », a confié au CNC un haut responsable de l’Etat-Major du FDPC.

Cette arrestation sonne comme une victoire pour le pouvoir de Bangui qui d’ores et déjà a engagé des procédures pouvant aboutir à son extradition et des trois autres personnes arrêtées avec lui au Tchad. Selon un haut responsable du ministère de la justice, le gouvernement tchadien y est « favorable ».

A la conférence de presse mercredi à Bangui, Ange Maxime Kazagui, ministre de la communication et des medias, a indiqué que « bien sûr nous demanderons son extradition. Mes collègues de la justice, de la défense et de la sécurité publique y travaillent déjà », fait-il savoir.

Abdoulaye Miskine a payé le prix de sa parjure à l’accord de paix et l’obstruction du corridor économique Bouar-Garoua-Mboulaye, note un chef des groupes armés, conseiller à la Présidence.

Sa présence a été signalée le mois d’octobre à Amdafock lors des combats meurtriers opposant le FPRC et le MLCJ, affrontements au cours duquel le FPRC a subi une lourde défaite. Depuis ce jour, « lui et Rakis ont intensifié leur mouvement entre le Tchad et le Soudan », a rapporté au CNC une source au cœur de l’appareil de renseignement centrafricain tenu aujourd’hui par les russes.

Abdoulaye Miskine nommé au gouvernement depuis le 05 mars dernier a délibérément refusé de prendre service en sa qualité de ministre en charge de la modernisation de l’administration et de la centralisation en préférant continuer dans le maquis. Il n’attend que son extradition vers Bangui dans les jours à venir étant un habitué de cachot, il ne s’ennuie pas pour autant. En 2015, il avait été détenu au Cameroun jusqu’à ce qu’il soit libéré grâce au rapt des prêtres polonais par ces hommes dans la Nana-Mambéré.

 

Cédric Wa-Gomba

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