Catastrophe environnementale à Bozoum : un rapport d’enquête parlementaire met en lumière une véritable mafia au sommet de l’État.

Publié le 26 juin 2019 , 6:26
Mis à jour le: 26 juin 2019 6:26

 

Bangui (République centrafricaine) – Suite aux exploitations anarchiques des ressources minières et naturelles des sociétés chinoises à Bozoum, une mission d’enquête parlementaire s’était rendue à Bossangoa, Bouar et Bozoum du 6 au 10 juin dernier afin de s’enquérir des conditions de ces exploitations et d’analyser ses impacts sur l’environnement et la population locale. Sans surprise, le rapport de cette mission met en lumière non seulement les conditions auxquelles ces Chinois pillent et détruisent les ressources minières et naturelles de cette région, mais aussi le degré de complicité de nos autorités dans cette affaire.

 

Quatre sociétés chinoises mises en cause…

Selon le rapport de l’enquête parlementaire dont CNC a pu lire le contenu, quatre sociétés chinoises, notamment TIAN ROUN, TIAN XIANG, SMC MAO  et MENG, qui exploitent et continuent d’exploiter depuis 6  mois les ressources minières dans l’Ouham-Péndé, ont toute une autorisation d’exploitations artisanales semi-mécanisées et non industrielles comme on a vu sur les sites dont l’un ne dispose d’aucun permis.

 

Trafic illicite de l’or et des poissons…

Au-delà de l’absence des représentants de l’État sur les sites d’exploitations, on remarque par ailleurs que ces sociétés, qui recrutent quasi exclusivement des sujets chinois et camerounais pour éviter que leur mafia ne soit découverte, exploitent et exportent aussi illégalement les poissons et la faune aquatique bien que ne faisant pas partie de leur permis.

 

Corruption et mafia au sommet de l’État

Selon le même rapport, la responsabilité civile et pénale de certains députés et cadres du ministère des Mines est engagée dans cette catastrophe environnementale.

En outre, dans une vidéo circulant au sein de l’Assemblée nationale, une somme de 40 millions de francs CFA avait été remise par les Chinois à l’honorable Jean-Michel Mandaba, Président de la commission de la production à l’Assemblée nationale pour qu’il facilite leur démarche auprès de cette Institution parlementaire. Ce qui a été fait, car le bureau de l’Assemblée nationale n’était pas au courant du permis d’exploitations minières octroyé à ces sociétés chinoises.

Alors, si le Député Mandaba a obtenu pour sa part un bakchich de 40 millions de francs CFA, qu’en est-il pour le ministre des Mines, de l’ex-premier ministre Simplice Mathieu SARANDJI et du Président Faustin Archange TOUADERA  ?

 

Dégâts écologiques et sociétaux liés à l’exploitation chinoise à Bozoum

Hors-mis les dégâts environnementaux liés à la déforestation, à l’abattage des arbres et à l’utilisation des produits chimiques par ces sociétés chinoises à Bozoum, ledit rapport montre que toute la population riveraine du fleuve Ouham,  notamment les habitants de Bozoum, l’Ouham-Bac, Bossangoa et environs ainsi que ceux de Batangafo ont été directement touchés  par cette catastrophe environnementale. On cite par ailleurs la destruction des infrastructures routières et bien d’autres.

Bizarrement dans cette affaire, une section complète des soldats FACA est déployée sur des sites miniers chinois à Bozoum pour la protection exclusive de ces derniers alors que la population de l’Ouham-Péndé, d’Ouaka, de Mbomou… continue d’être massacrée sans que le gouvernement lève un doigt pour les dénoncer.

En outre, ces soldats FACA, corrompus par ces Chinois, se montrent très agressifs envers les habitants de Bozoum qui tentent de s’opposer aux Chinois alors que c’est cette même population centrafricaine qui a longuement milité pour le retour des FACA sur le terrain.

 

En tout cas, le rapport est riche. Nous reviendrons dans nos prochains articles sur cette affaire…

 

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