Cameroun/Matgenie : Niwa Long Othong et Crépin Zambo emportés par le contrat plan

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Yaoundé (Cameroun) – CNC – L’ancien directeur général et l’actuel-directeur administratif et financier du parc national de génie civil se trouvent en les mains de la justice depuis quelques jours pour leur gestion des fonds issus de cette convention avec l’Etat entre 2013 et 2015.

 

L’ex-Directeur général du Parc national du matériel du génie civil (Matgénie) Niwa Long Othon et l’actuel directeur administratif et financier, Crépin Zambo sont aux arrêts depuis quelques jours. Ils sont poursuivis pour leur gestion du contrat plan (Cp) 2013-2015 où ils auraient détourné d’importantes sommes d’argent. Des sources proches du dossier expliquent du temps Niwa Long Othon à la tête de cette structure, le Matgénie a signé un contrat plan avec l’Etat d’un montant de 8.400.000.000 Fcfa. La contribution de l’Etat était de de 5.846. 000.000 et l’effort attendu du MATGENIE était de 2.554.000.000 Fcfa. Sur la base de ce contrat, le Matgénie bénéficiaire, devait passer tous les marchés y compris ceux qui sont imputés sur la contribution de l’Etat.

Cependant, il se trouve que l’Etat a donné toute la contribution attendue de lui, alors que le taux d’exécution du CP est de 102,01%, il y a des restes à payer de plus d’un milliard de francs.

En effet, le Directeur Général du Matgenie a reçu plusieurs demandes de paiement, de la part d’entreprises impliquées dans l’exécution du Contrat Plan. Et parmi ces créanciers, les plus gros à savoir CAMI TOYOTA (plus de 700 millions de francs CFA), TRACTAFRIC (plus de 250 millions), ont des marchés imputés sur la contribution de l’Etat, exécutés entre 2013 et 2015.

A la réception de ces courriers, l’actuel Directeur Général, Désiré Abogo Ntang, n’a pas pu obtenir des explications de la part de son directeur administratif et financier (Daf), Crépin Zambo. Au bout d’un certain temps, il a fini par prendre une décision suspendant le Daf de ses fonctions. Cette décision a eu le « mérite » de mettre le PCA hors de lui.

Le rôle trouble du président du conseil d’administration

Le Président du conseil d’administration, (PCA), Jean Roland Daniel Ebo a annulé la décision du directeur général relative à la suspension du Daf, un fait inédit dans la gestion des entreprises publiques.

Une décision évidemment inapplicable, parce qu’illégale et irrégulière. L’un des aspects de la régularité de la décision du PCA est d’abord sa forme : la loi prévoit que les Décisions du Conseil d’Administration prennent la forme de « Résolutions ».

Un autre aspect de caractère irrégulier est que le PCA n’a pas réuni le Conseil d’Administration : il a donc pris une décision unilatérale, qui n’est prévue dans aucun texte.

Après donc la suspension du Daf, le directeur général a saisi le ministère camerounais des Finances, pour savoir si l’Etat avait effectivement versé toute la contribution qui était attendue de lui dans le cadre du CP.

Après donc la suspension du Daf, le Dg  a saisi le Minfi, pour savoir si l’Etat avait effectivement versé toute la contribution qui était attendue de lui dans le cadre du CP. Le MINFI a répondu par l’affirmative. Dès lors, les interrogations sont les suivantes : l’Etat a mis de l’argent pour payer des entreprises auxquelles il avait été demandé des prestations précises ; lesdites prestations ont été fournies, mais les entreprises concernées n’ont pas été payées : pourquoi ? La contribution de l’Etat ne devait jamais sortir du compte MATGENIE-Trésor pour une destination autre que les comptes des entreprises prestataires : comment est sorti l’argent de l’Etat ? Certaines dettes réclamées aujourd’hui correspondent à des prestations faites en 2013, première année du CP : pourquoi depuis lors, et malgré les subventions reçues de l’Etat, ces dettes n’ont-elles pas été payées ? Les Etats financiers de la période 2014, 2015 et 2016, n’intègrent pas, de façon claire, toutes les nombreuses et importantes subventions reçues par le Matgenie : pourquoi ? La hargne avec laquelle le PCA défend son ami Daf suspendu, masque-t-elle quelques complicités ? Les blocages que le Pca s’ingénie à poser à l’actuelle Direction Générale, traduisent-ils une rancœur parce que l’actuel DG a refusé de couvrir des malversations qui avaient cours dans cette entreprise ? Le DAF suspendu, et l’ancien DG ont été placés en détention préventive le 30 octobre 2019, parce que les explications et réponses qu’ils ont  apporté aux questions ci-dessus ont été jugées peu satisfaisantes.

En rappel, Un Contrat plan est une convention,  un contrat que l’Etat passe avec une entreprise publique ou un établissement public qui rencontre des difficultés d’exploitation. Pour signer ce contrat, l’Etat et la structure concernée identifient les opérations qui, si elles sont menées à bien devraient impulser la réhabilitation ou le développement de l’entité concernée. Dans ces opérations, l’Etat finance, sur fonds publics, les plus importantes, les plus coûteuses, les  plus urgentes. Un effort est aussi demandé à la structure, pour qu’elle finance, sur ses ressources propres, les autres opérations, généralement moins coûteuses.

Destin André Mballa

 

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Cameroun/Matgenie

Niwa Long Othong et Crépin Zambo emportés par le contrat plan

L’ancien directeur général et l’actuel-directeur administratif et financier du parc national de génie civil se trouvent en les mains de la justice depuis quelques jours pour leur gestion des fonds issus de cette convention avec l’Etat entre 2013 et 2015.

L’ex-Directeur général du Parc national du matériel du génie civil (Matgénie) Niwa Long Othon et l’actuel directeur administratif et financier, Crépin Zambo sont aux arrêts depuis quelques jours. Ils sont poursuivis pour leur gestion du contrat plan (Cp) 2013-2015 où ils auraient détourné d’importantes sommes d’argent. Des sources proches du dossier expliquent du temps Niwa Long Othon à la tête de cette structure, le Matgénie a signé un contrat plan avec l’Etat d’un montant de 8.400.000.000 Fcfa. La contribution de l’Etat était de de 5.846. 000.000 et l’effort attendu du MATGENIE était de 2.554.000.000 Fcfa. Sur la base de ce contrat, le Matgénie bénéficiaire, devait passer tous les marchés y compris ceux qui sont imputés sur la contribution de l’Etat.

Cependant, il se trouve que l’Etat a donné toute la contribution attendue de lui, alors que le taux d’exécution du CP est de 102,01%, il y a des restes à payer de plus d’un milliard de francs.

En effet, le Directeur Général du Matgenie a reçu plusieurs demandes de paiement, de la part d’entreprises impliquées dans l’exécution du Contrat Plan. Et parmi ces créanciers, les plus gros à savoir CAMI TOYOTA (plus de 700 millions de francs CFA), TRACTAFRIC (plus de 250 millions), ont des marchés imputés sur la contribution de l’Etat, exécutés entre 2013 et 2015.

A la réception de ces courriers, l’actuel Directeur Général, Désiré Abogo Ntang, n’a pas pu obtenir des explications de la part de son directeur administratif et financier (Daf), Crépin Zambo. Au bout d’un certain temps, il a fini par prendre une décision suspendant le Daf de ses fonctions. Cette décision a eu le « mérite » de mettre le PCA hors de lui.

Le rôle trouble du président du conseil d’administration

Le Président du conseil d’administration, (PCA), Jean Roland Daniel Ebo a annulé la décision du directeur général relative à la suspension du Daf, un fait inédit dans la gestion des entreprises publiques.

Une décision évidemment inapplicable, parce qu’illégale et irrégulière. L’un des aspects de la régularité de la décision du PCA est d’abord sa forme : la loi prévoit que les Décisions du Conseil d’Administration prennent la forme de « Résolutions ».

Un autre aspect de caractère irrégulier est que le PCA n’a pas réuni le Conseil d’Administration : il a donc pris une décision unilatérale, qui n’est prévue dans aucun texte.

Après donc la suspension du Daf, le directeur général a saisi le ministère camerounais des Finances, pour savoir si l’Etat avait effectivement versé toute la contribution qui était attendue de lui dans le cadre du CP.

Après donc la suspension du Daf, le Dg  a saisi le Minfi, pour savoir si l’Etat avait effectivement versé toute la contribution qui était attendue de lui dans le cadre du CP. Le MINFI a répondu par l’affirmative. Dès lors, les interrogations sont les suivantes : l’Etat a mis de l’argent pour payer des entreprises auxquelles il avait été demandé des prestations précises ; lesdites prestations ont été fournies, mais les entreprises concernées n’ont pas été payées : pourquoi ? La contribution de l’Etat ne devait jamais sortir du compte MATGENIE-Trésor pour une destination autre que les comptes des entreprises prestataires : comment est sorti l’argent de l’Etat ? Certaines dettes réclamées aujourd’hui correspondent à des prestations faites en 2013, première année du CP : pourquoi depuis lors, et malgré les subventions reçues de l’Etat, ces dettes n’ont-elles pas été payées ? Les Etats financiers de la période 2014, 2015 et 2016, n’intègrent pas, de façon claire, toutes les nombreuses et importantes subventions reçues par le Matgenie : pourquoi ? La hargne avec laquelle le PCA défend son ami Daf suspendu, masque-t-elle quelques complicités ? Les blocages que le Pca s’ingénie à poser à l’actuelle Direction Générale, traduisent-ils une rancœur parce que l’actuel DG a refusé de couvrir des malversations qui avaient cours dans cette entreprise ? Le DAF suspendu, et l’ancien DG ont été placés en détention préventive le 30 octobre 2019, parce que les explications et réponses qu’ils ont  apporté aux questions ci-dessus ont été jugées peu satisfaisantes.

En rappel, Un Contrat plan est une convention,  un contrat que l’Etat passe avec une entreprise publique ou un établissement public qui rencontre des difficultés d’exploitation. Pour signer ce contrat, l’Etat et la structure concernée identifient les opérations qui, si elles sont menées à bien devraient impulser la réhabilitation ou le développement de l’entité concernée. Dans ces opérations, l’Etat finance, sur fonds publics, les plus importantes, les plus coûteuses, les  plus urgentes. Un effort est aussi demandé à la structure, pour qu’elle finance, sur ses ressources propres, les autres opérations, généralement moins coûteuses.

Destin André Mballa

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