Cameroun: des femmes séquestrées depuis des mois à l’Hôpital Gynéco de Yaoundé pour factures impayées

Publié le 13 mars 2019 , 1:16
Mis à jour le: 13 mars 2019 6:58

 

 

Incapables de s’acquitter des leurs frais de soins, elles sont détenues contre leur gré dans une salle de l’hôpital destinée à la réanimation.

Ebah Cécile ne participera pas aux festivités de la journée internationale de la femme ce 08 mars 2019. Depuis 1 mois, elle est retenue contre son gré dans la salle 8 de l’hôpital gynéco obstétrique de Yaoundé, destinée à la réanimation. Pour recouvrer la liberté, elle doit débourser pas moins de 221.670 frs représentant les frais d’opération d’un kyste qu’elle a subi.

Sylvie Evouna quant à elle, est mère d’un enfant de 1 an 6 mois, dénommé Ngafi Emmanuel. Cette dernière se tord de douleurs tandis qu’une sonde traine entre ses jambes. Entre ses mains elle tient son fils, qui fixe le plafond d’un regard hagard. C’est d’ailleurs a cause des brulures qu’a subi son rejeton qu’elle s’es rendue dans cette formation hospitalière.

Depuis 4 mois, elle y est encore. Car elle n’a pas pu payer la facture des soins qui s’élève à 444.478 FCFA.

Tout à coté d’elle se trouve Labelle Pulchérie Enemok résidente forcée de la salle 8 depuis 2 mois, pour une facture Impayée de 207. 650 FCFA, représentant les frais de soins pour une grossesse Extra-utérine. Koh Ateba Solange, Messi Albertine, Bikali Bernadette doivent respectivement 295.082 FCFA, 200.800 FCFA et 330.000 FCFA pour des grossesses extra-utérines.

La première y est retenue depuis 6 mois, la deuxième depuis deux semaines, et la troisième depuis 3 mois. Aissatou quant elle ne pourra sortir de la salle 8 que si elle s’acquitte d’une facture de 328.000Fcfa représentant les frais d’une césarienne qu’elle a subie.

Ces informations on été mises en lumière par le quotidien le Messager dans son édition du 07 mars 2019. Au micro de notre confrère, ces femmes prétendent être victimes de maltraitance de la part du personnel de l’hôpital. Elles ajoutent ensuite que leur intimité est sans cesse violée par le personnel qui craint qu’elles ne prennent la poudre d’escampette.

Joint au téléphone par notre confrère du Messager, le directeur Général de l’hôpital Gynéco obstétrique de Yaoundé, Pr Fru Angwago III dit être étonné par tout ce qui se raconte. Ce dernier affirme que « tout ce qui se dit dans les médias, il s’agit de contre vérités. Je me demande si ces patients parlent de l’hôpital ou je me trouve, avec des histoires de corps abandonnés, il y ‘a des prisons il y‘a des ceci. En tout cas moi je ne comprends rien de tout cela. ».

Dans les couloirs de l’hôpital, il se murmure qu’on aurait proposé un moratoire aux « Patients prisonniers », pour les aider à s’acquitter de leurs dettes. Mais l’idée a été très vite abandonnée par l’hôpital.

 

Avec La minute info