Cameroun-Centrafrique: le FDPC d’Abdoulaye Miskine donne un délai de «72 heures» au Cameroun pour la libération de leur chef de guerre.

Publié le 22 septembre 2014 , 3:05
Mis à jour le: 22 septembre 2014 3:05

Cameroun24  /  Corbeau news

La Bande armée du FDPC d'Abdoulaye Miskine deonne 72 heures au Cameroun

La bande armée d’Abdoulaye Miskine qui revendique cette prise d’otages donne un délai de «72 heures» au Cameroun pour la libération de leur chef de guerre.

La région de l’Est Cameroun vient encore une fois d’être frappée par des hommes de la rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain (Fdpc), actifs à l’Ouest de la Centrafrique proche de la ville camerounaise de Garoua-Boulaï à l’Est du pays. Selon des sources concordantes civiles et sécuritaires, jointes au téléphone hier, dimanche 21 septembre 2014, des assaillants lourdement armés venus de la République centrafricaine, ont enlevé huit Camerounais dans la journée de samedi dernier alors qu’ils vaquaient librement à leurs travaux champêtres près de la frontière avec ce pays voisin. Parmi les otages conduits de force de l’autre côté de la frontière dans un lieu qui reste à présent inconnu, apprend-on de nos sources, « se trouve sa majesté Koulagna, un chef de quartier de la ville frontalière de Garoua-Boulaï ».

Avant de replier dans leur territoire, « ils ont relâché une jeune fille (la nièce du chef de quartier), pour que cette dernière vienne alerter les autorités camerounaises» affirment nos sources. D’après les informations de premières mains rapportées par cette dernière, « ces rebelles centrafricains qui étaient tous vêtus en tenus de l’armée camerounaise s’exprimaient alternativement en français et en sango (langue locale centrafricaine, Ndlr)».

Et leur revendication ? « Ils ont dit que si nous ne libérons pas leur chef Abdoulaye Miskine qui est en détention au Cameroun, ils vont nous attaquer d’ici 72 heures», a confirmé la miraculée aux forces de sécurité camerounaise. Pour prouver leur détermination qu’ils sont prêts à attaquer le Cameroun en guise de représailles, dans la même soirée de samedi, ces rebelles ont tiré deux roquettes en direction de la station de captage de Garoua- Boulaï. Informées de la situation, les autorités administratives locales ont déployé des forces de sécurité sur place pour une battue qui n’a pas encore donné de résultat pour le moment. Cette nouvelle prise d’otages de Camerounais selon nos sources, « est consécutive au comportement indocile de nos compatriotes qui, malgré la sensibilisation du sous-préfet de la localité, n’ont jamais abandonné leurs champs situés à la lisière de la frontière avec la République centrafricaine » affirme une source locale qui ajoute que «ces rebelles du Front démocratique du peuple centrafricain opèrent régulièrement à la frontière Centrafricano-camerounaise ».

Rebelote

La dernière attaque de cette bande armée dans la région de l’Est remonte au dimanche 04 mai 2014, où 18 Camerounais ont été enlevés dans la localité de Yoko-Siré, proche de la frontière avec la Rca non loin de Garoua-Boulaï. Des hommes armés en provenance de la République centrafricaine se sont postés dans ce village à bord des camions qu’ils avaient empruntés à Garoua-Boulaï à 9 km de là. Pour réussir leur opération, les assaillants avaient tendu une embuscade dans un bosquet après le poste de contrôle mixte situé en contrebas du village Yoko-Siré. C’est ainsi qu’un bus de transport en provenance de Ngaoundéré pour Bertoua, était tombé dans ce traquenard. Une fois le véhicule immobilisé, les assaillants ont fait descendre tous les passagers à bord et les ont conduits en colonne de l’autre côté de la frontière. L’exigence posée par leurs ravisseurs était toujours «la libération d’Abdoulaye Miskine».

Il s’agit ainsi de rebelote. Car on se rappelle que ce chef de guerre Tchado-centrafricain était tombé dans les filets des éléments de la surveillance du territoire alors qu’il se cachait dans un hôtel de Bertoua, le chef-lieu de la région de l’Est, en septembre 2013. Il a été conduit à Yaoundé où il est toujours gardé en captivité en un lieu inconnu du public.