Brutalité policière au croisement Benz-vi – Miskine, la justice est saisie.

Une patrouille de la CNS à Bangui le 6 août 2019. Crédit photo : Mickael Kossi / CNC.

Bangui (République centrafricaine) – CNC – dans la nuit du samedi à dimanche 10 novembre, plusieurs dizaines des policiers de la compagnie nationale de sécurité (CNS), appuyés par leur collègue de FICU, et sur instruction de leur Directeur le colonel Sim Joaki Danigoumandji, ont littéralement brutalisé et saccagé plusieurs commerces  au croisement Miskine-Benz-vi, dans le cinquième arrondissement de Bangui.

 

Selon le bureau du procureur de la République près tribunal de grande instance de Bangui qui a été saisi de l’affaire, à l’origine, tout avait commencé par une simple affaire privée entre le Directeur de la CNS le colonel Sim Joaki Danigoumandji et une jeune fille dans la nuit du samedi à dimanche 10 novembre aux environs de 1h du matin.

D’après les dépositions des victimes faites au bureau du procureur, le colonel Sim Joaki Danigoumandji, qui  avait dragué une jeune fille quelques heures plutôt  au croisement Benz-vi-miskine, partageait tranquillement avec celle-ci une bouteille de bière dans un restaurant-bar du coin dénommé « Tir ngoule » aux environs de 1h du matin. Sauf que le colonel, plus le temps passe, plus l’alcool le prend en étau, et la jeune fille a bien compris le jeu.

Prétextant vouloir se soulager aux toilettes, elle s’éclipsait discrètement avec le sac banane du colonel contenant, selon son propriétaire, son pistolet de service bien garni et une importante somme d’argent estimée à 300 000 francs CFA alors que celui-ci continuait de renfler autour de sa bouteille de bière.

Réveillé quelques minutes plus tard, l’homme se retrouve seul devant sa table et cherche en vain la jeune fille.

Comme dans une comédie ivoirienne, le colonel Sim Joaki Danigoumandji, Directeur de la CNS, couvert de honte, pète le plomb et commence à menacer les clients et gérants du bar « Tir-Ngoule » qu’ils accusent d’être tous des complices de la jeune fille.

Malgré toutes les explications fournies au Directeur, celui-ci maintient sa position et appelle ses éléments d’intervention au renfort. Comme si cela ne suffisait pas, il demande le renfort des éléments de FICU pour appuyer leurs collègues de la CNS dans leur opération.

Vers 3h du matin, les policiers, qui sont arrivés sur le lieu de la scène à bord de quatre véhicules de patrouille, ont commencé à mettre la pression sur tous les clients, y compris le staff de gestion du bar Tir-Ngoule. Même les commerces qui se trouvent à proximité du lieu de la scène ont été aussi pris d’assaut par les policiers qui disaient vouloir chercher la jeune fille et ses complices.

Profitant de la situation, les policiers ont littéralement saccagé les commerces du coin, tout en bloquant au passage les appareils de sonorisation de bars « Tir-Ngoule » et « Combat ti Guigui » qui se trouve en face de l’autre.

Quelques heures plus tard, selon un personnel du bar « Combat ti Guigui », dans la journée du dimanche, vers  les après-midi, les mêmes équipes policières sont revenues sur le lieu de la scène pour les menacer à nouveau de ne pas ouvrir ses portes et vendre des produits aux clients.

Pris de colère, un collectif des victimes de cette barbarie policière est constitué afin de porter l’affaire devant la justice. Ce qui a été fait. Dans la journée du lundi 11 novembre, le collectif a saisi le bureau du procureur de la République près du tribunal de grande instance de Bangui pour abus d’autorité et violence aggravée sur la population.

Pour l’heure, le bureau du procureur n’a pas encore répondu aux dépositions du collectif.

Le gouvernement, aussi informé de l’affaire, n’a pas encore fait de déclarations.

Selon le responsable du collectif contacté par CNC, l’affaire est désormais devant la justice, et il n’a pas des commentaires à faire sur le sujet.

Aux dernières nouvelles, le Directeur de la CNS le colonel Sim Joaki Danigoumandji aurait s’excuser  dimanche soir auprès du gérant du bar « Tir-Ngoule » pour le dérapage de ses hommes lors de cette opération.

Affaire à suivre…

 

Anselme Mbata

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