Bria, le MLCJ contrôle 60% de la ville, des dizaines des habitations incendiées.

Publié le 27 janvier 2020 , 6:10
Mis à jour le: 27 janvier 2020 6:10
maisons detruite à bria par banafio
Image d’illustration des habitations détruites dans des conflits à Bria. photo : Moïse Banafio / Copyright2020CNC.

 

 

Bria (République centrafricaine) – À Bria, ce dimanche 26 janvier, plusieurs points stratégiques du FPRC sont désormais sous contrôle des rebelles du MLCJ,  après 24 heures seulement des combats. Des dizaines des habitations ont été incendiées, des corps sans vie des combattants jonchent le sol à la merci des charognards, des milliers des personnes affluent dans des camps des déplacés. Une crise humanitaire sans précédent comme à Birao se profile.

 

Ce samedi 25 janvier, le FPRC a été surpris par la puissance de feu des rebelles du MLCJ. Un affrontement court, mais très violent en termes d’impact, ce qui étonne plus d’un. Les Tchadiens, qui se sont massivement ralliés au FPRC, se sont bizarrement retirés, sans combattre, pour se regrouper au domicile de leur général Aba-Tom,quelques heures après le début d’affrontement entre les deux groupes frères rivaux, laissant les Rounga seuls face au Kara du MLCJ et ses alliés Goula.

Le général Damboucha  du FPRC, qui garde toujours une partie de la ville sous son influence, a reçu la visite inattendue de la Minusca ce dimanche 26 janvier.

L’entretien a duré près de deux heures, mais on ignore le but et les raisons de cet entretien. S’agit-il de le persuader de lâcher la ville ? Difficile de le savoir.

Quant aux combattants du MLCJ, ils ont érigé des checkpoints partout à l’entrée et dans la ville de Bria.

Les forces de la Minusca, bizarrement, se sont massivement déployées uniquement à l’entrée du quartier Gobolo, à majorité  Peul, favorable à l’UPC. Toute personne qui veut passer par ce lieu doit être soumise à des fouilles, c’est une première. S’agit-il de bloquer l’entrée en scène des Peuls, habituellement favorables au FPRC ?

Pendant ce temps, près d’un millier des déplacés se sont massivement regroupés dans la concession de l’hôpital préfectoral, protégé par les redoutables forces rwandaises de la Minusca.

Plusieurs habitations ont également été incendiées dans le combat, les rebelles ont avaient profité pour piller certains magasins et domiciles des particuliers.

Pour l’heure, des rumeurs des renforts du FPRC circulent dans la ville, mettant les MLCJ en alerte partout. Mais ce qui est sur, c’est un deuxième Birao qui se profile, il ne reste maintenant à la Minusca de décréter sa fameuse « ville sans armes » à Bria.

Rappelons que Bambari avait été déclarée ville sans armes, mais les rebelles de l’UPC continuent malheureusement de circuler avec leurs armes, idem pour Birao, déclarée ville sans armes, est toujours sous contrôle des rebelles du MLCJ lourdement armés. Sans laisser de côté le quartier KM5, dans le troisième arrondissement de Bangui, récemment victime d’affrontement violent à la veille des fêtes de fin d’année entre les commerçants locaux et un groupe des miliciens d’autodéfense, a aussi été déclaré récemment quartier sans arme par la Minusca. Mais  les commerçants, aussi considérés comme un groupe d’autodéfense, continuent malheureusement de circuler avec leur arsenal, sans se faire désarmer par les forces de l’ordre.

En tout cas, cette stratégie d’anéantissement d’un groupe armé par un autre groupe armé, comme on l’a vu au Soudan, n’apportera pas véritablement de la sécurité aux populations.

Pour des nombreux observateurs, le chef de l’État Faustin Archange TOUADERA est en train de commettre de faute en utilisant certains de ses alliés groupes armés contre les autres qui ne lui sont pas favorables pour conquérir des territoires en vue de préparer de cafouillage lors des prochaines élections.

 

Affaire à suivre…

 

Moïse Banafio

Copyright2020CNC.

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