Bouar, le programme de réduction de la violence communautaire dans la tourmente

Publié le 9 octobre 2019 , 8:48
Mis à jour le: 9 octobre 2019 8:48
des milliers d'armes de fabrication artisanale et des fusils d'assaut incendiés par la Minusca le 5 octobre 2019 à Bouar. Crédit photo- Gervais Lenga pour CNC.
des milliers d’armes de fabrication artisanale et des fusils d’assaut incendiés par la Minusca le 5 octobre 2019 à Bouar. Crédit photo- Gervais Lenga pour CNC.

 

Bouar (République centrafricaine) | CNC — considéré comme un facteur de paix et de cohésion sociale par la mission des Nations unies en République centrafricaine, le projet de réduction de violence communautaire fait de remous depuis 48 heures dans la Nana-Mambéré, au nord-ouest de la Centrafrique.

 

En effet, le samedi 5 octobre dernier, à Bouar, dans la Nana-Mambéré, près de 3000 armes de fabrication artisanale et des fusils d’assaut, collectés dans le cadre du programme réduction de violence communautaire, avaient été incendiés par la Minusca via sa section désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).

Cependant, les bénéficiaires dudit programme, qui avaient remis leurs armes à la Minusca quelques semaines plutôt sous la promesse de dotation en kits d’installation et d’une formation à l’emploi, se disent aujourd’hui complètement roulés dans la farine par les hauts responsables DDR de la Minusca, en complicité avec les autorités locales.

Des démarches sans succès ont été entreprises par les bénéficiaires auprès des autorités préfectorales et de la Minusca depuis le début de la semaine.

D’après eux, il ne fait aucun doute, le Colonel Banem Clément, Responsable du programme DDR de la Minusca, en connivence avec les autorités de Bouar, aurait détourné leurs kits d’installation. D’autres vont même demander à la Minusca de leur restituer leurs armes pour éviter toute tension dans la région.

Contacté par CNC, le colonel Banem Clément de la Minusca, principale cible des critiques des bénéficiaires, n’est pas joignable toute la journée par la Rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).

Pour rappel, le programme CVR, initié depuis 2015, contribue à la résilience de la communauté face à la violence, en répondant aux besoins identifiés par celle-ci en collaboration avec les comités locaux. Les bénéficiaires issus des groupes armés sont intégrés dans des stages de formations professionnelles, sociales, et des activités de projets communautaires, au même titre que les autres bénéficiaires civils.