BANGUI: «PLUS DE 2,3MILLIONS DE PERSONNES DANS UN BESOIN URGENT D’ASSISTANCE HUMANITAIRE »

Publié le 2 février 2016 , 10:04
Mis à jour le: 2 février 2016 10:07

(Corbeau News Centrafrique)

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«PLUS DE 2,3MILLIONS DE PERSONNES DANS UN BESOIN URGENT

D’ASSISTANCE HUMANITAIRE »

DIXIT AURELIEN AGBENONCI

Bangui, (C.N.C), 02-01-2016

 

La situation humanitaire en République Centrafricaine demeure stable en dépit des efforts multipliés pour apporter des solutions au sujet des personnes vulnérables dans le pays. Dans une conférence de presse organisée, le 02 février 2016 au siège de l’OCHA, le Coordonnateur humanitaire Aurélien Agbenonci a annoncé à la presse que la communauté humanitaire continue à apporter son assistance aux personnes affectées. Le nombre des personnes déplacées à l’intérieur du pays est passé de 469.307 en novembre à 451.986 personnes en décembre 2015, d’après les données annoncées par le Coordonnateur. Pour cela une allocation de 9 millions de dollars, soit environ 4, 218 millions a été lancée par le Fonds Commun Humanitaire pour assister ces personnes déplacées.

La baisse du taux d’environ 4% des personnes déplacées pour l’ensemble du pays est principalement liée, d’après Aurélien Agbenonci, au calme accompagnant le processus électoral en cours en RCA. Cette accalmie favorise, selon lui, les retours volontaires des personnes déplacées tel qu’au village Kambakota, sous-préfecture de Batangafo, préfecture de l’Ouham. Dans ce village, a-t-il expliqué, environ 3,800 personnes déplacées internes ayant fui suite aux attaques du 14 décembre 2015 par des hommes armés sont retournées. Toutefois, ces personnes vivent dans des conditions de vie précaire dues à l’absence d’un centre de santé fonctionnel et aux problèmes d’accès à l’eau. Des besoins chroniques en éducation ont également été soulevés parce que des établissements scolaires sont fermés depuis plus de 3 ans.

Situation sécuritaire tendue

Cependant, le Coordonnateur Humanitaire a souligné que la situation sécuritaire reste tendue dans certaines régions avec la présence d’hommes en armes. On constate une recrudescence d’attaques de la LRA dans les préfectures de la Haute-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou. La psychose créée par cette situation est à la base de déplacements préventifs de population dans plusieurs villages de ces préfectures. Selon Aurélien Agbenonci, plus de la moitié de la population, soit plus de 2,3 millions de personnes reste dans un besoin urgent d’assistance humanitaire; presque trois ans après le déclenchement de la violence dans le pays. La situation de la sécurité alimentaire s’est fortement détériorée en un an. En septembre 2015, 50% des ménages étaient en insécurité alimentaire contre 29% en septembre 2014. Alors qu’environ 15% des ménages sont en insécurité alimentaire sévère, soit environ 586.000 personnes.

«Ces ménages ont une consommation alimentaire extrêmement pauvre et insuffisante, ils sont dans une situation de très grande vulnérabilité économique et recourent à des stratégies qui mettent en péril leurs moyens de subsistance future de manière irréversible. La proportion des ménages en insécurité alimentaire est plus élevée chez les ménages déplacés dans des familles d’accueil (63,5%), chez les déplacés qui vivent dans des sites/enclaves (52%) et les retournés (53%)» a-t-il expliqué.

Réponse directe de Fonds Commun Humanitaire

Afin de répondre aux besoins des personnes affectées, le Fond Commun Humanitaire (CHF), un mécanisme de financement multi-bailleurs humanitaire établi en RCA en 2008 a lancé une allocation de 9 millions de dollars, soit 4, 218 millions. Le CHF organise habituellement deux allocations standard par an, fonction des fonds disponibles, et ceci est la première pour l’année 2016. La stratégie de l’allocation s’articule autour de deux objectifs principaux en accord avec la stratégie du plan de réponse humanitaire. Dans un premier temps, il s’agit de répondre aux besoins humanitaires urgents, critiques et immédiats en fournissant une assistance humanitaire ciblant les populations les plus à risque dans des zones touchées par la crise ou caractérisées par des mouvements de population récents. Il s’agit, dans un deuxième temps, de renforcer la centralité de la protection en s’assurant la réduction de la violence inter-intracommunautaire et l’amélioration de l’accès aux services de base pour les populations affectées. Ces objectifs devront être au centre des stratégies proposées et des projets sélectionnés. Ce financement de 9 millions de dollars aidera les organisations humanitaires à fournir: de l’eau potable et l’assainissement, la gestion des sites des déplacés, l’accès à éducation et aux services sanitaires, l’assistance alimentaire et des moyens de subsistance immédiate, l’assistance nutritionnelle, la protection, l’abri et les non-vivres. De même, seront considérés favorablement les projets soumis proposant dans leur intervention une stratégie de transfert de capacités à un partenaire d’une ONG nationale. «Toutes les informations sur cette allocation et comment soumettre un projet sont disponibles sur le site internet humanitaire réponse » a-t-il informé.

Par ailleurs, Aurélien Agbenonci a rappelé qu’en 2015, la communauté humanitaire a fait plusieurs réalisations au profit de la population vulnérable telle que dans le domaine de l’éducation ou parmi les 70,000 enfants et jeunes déplacés ciblé, plus de 37,000 garçons et 35,000 filles ont bénéficié d’activités éducatives dans les espaces temporaires d’apprentissage et écoles d’accueil; soit un réalisation de 105%.

«Cette année nous continuons à rester au chevet des personnes affectées par la crise en RCA. Il est important à ce titre de continuer à joindre nos efforts pour mobiliser les ressources financières nécessaires pour soutenir le financement de la réponse ».

 

Bangui, Eric NGABA Pour CNC

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