Bangui: Les forces internationales contribuent aussi au malheur du peuple

Publié le 15 juin 2016 , 7:05
Mis à jour le: 15 juin 2016 7:29

(Corbeau News Centrafrique)

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Centrafrique : Les forces internationales contribuent aussi au

malheur du peuple centrafricain

 

 

 

Bangui, le 15 juin 2016. 13:32′.

Par: Eric NGABA Pour CNC.

Il n’y a pas que les groupes armés en République Centrafricaine qui se comporte en escadrons de la mort. En plus des faits déjà vécus, la dernière révélation de l’ONG internationale Human Rights Watch témoigne à suffisance les bavures des forces internationales en terre centrafricaine.
Les forces internationales sous la bannière des Nations Unies en République centrafricaine, la Sangaris et la MINUSCA, n’inspirent pas confiance à la population au vue de la situation sécuritaire et humanitaire. Dans un rapport publié le 7 juin 2016, l’ONG internationale Human Rights Watch révèle des meurtres qui ont été commis par des militaires de la République de Congo à Boali, Mambere et Berberati entre décembre 2013 et juin 2015. Les auteurs de ces crimes ont été rapatriés en 2014, alors qu’ils étaient en RCA dans la Mission de l’Union africaine (MISCA) aujourd’hui transformée en MINUSCA en septembre 2014.
Le de rapport Human Rights Watch fait état d’une dizaine de corps retrouvés dans une fausse commune près de la base de contingent congolais à Boali, à environ 80 km de Bangui. En juin 2015 à Mambéré, les casques bleus de la République du Congo au sein de la MINUSCA sont impliqués dans des actes d’usage excessif de la force. Une enquête a été lancée une enquête à propos. Suite à cette enquête, 20 membres du contingent congolais dont trois étaient des officiers de rang supérieur ont été rapatriés. Pas plus tard le 5 juin 2016 à Bangui, un civil centrafricain a été abattu à bout portant par un soldat rwandais de la Minusca, lors du match de qualification à la CAN Gabon 2016 ayant opposé la Centrafrique à l’Angola.
L’incident s’est produit aux alentours du stade quelques minutes de la fin du match alors les Centrafricains étaient dans la jubilation de la victoire de leur équipe qui a battu la formation angolaise. Les forces internationales déployées en Centrafrique sont impliqués dans nombreux actes de criminalité et de graves violations des droits de l’homme : assassinats, viols sur mineurs entre autres sont les faits qui leurs sont reprochés. En dépit des nombreux cas où elles sont impliquées, aucune justice n’est rendue depuis lors. Au-dessus tout, c’est l’image de la Mission des Nations Unies qui est ternie si bien que les nations peuvent s’en méfier.

Bangui, le 9 juin 2016 – La Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) prend note du rapport publié par Human Rights Watch le 7 juin 2016 sur des meurtres qui auraient été commis par des militaires de la République de Congo à Boali, Mambere et Berberati entre décembre 2013 et juin 2015.

La Mission accueille les conclusions de ce rapport et partage le besoin de s’assurer que justice soit rendue aux victimes. Ainsi, la MINUSCA exhorte les autorités de la République du Congo à prendre toutes les mesures afin que les auteurs de tels crimes en soient tenus pour responsables.

Depuis, la MINUSCA a conduit trois enquêtes et s’est engagée activement, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, auprès de l’Union africaine et les autorités de la République du Congo, afin de demander que les enquêtes judiciaires soient ouvertes. Les conclusions des enquêtes menées par la Division des droits de l’Homme de la MINUSCA ont été partagées par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme avec le gouvernement congolais ainsi que les autorités centrafricaines en juin 2015. Elles ont été rendues publiques dans un communiqué de presse du Haut-Commissariat le 5 juin 2015. Le 3 mai 2016, les autorités de la République du Congo ont informé les Nations Unies de l’ouverture d’une enquête sur le cas de Boali depuis le 30 juin 2015.

La MINUSCA regrette l’exhumation des corps à Boali, entreprise sous la supervision d’une ONG internationale à la demande des autorités locales. Bien qu’elle soit regrettable, l’exhumation des corps a été intégralement documentée, et la MINUSCA estime que les échantillons d’ADN peuvent être toujours récupérées et utilisées.

. Les conclusions d’une deuxième enquête des Nations Unies concernant ces allégations seront rendues publiques prochainement. Les autorités de la République du Congo ont informé la MINUSCA qu’une enquête judiciaire est en cours et que les mesures disciplinaires ont été prises contre les individus et commandants impliqués dans ces incidents.

L’Organisation des Nations Unies, y compris la MINUSCA, est déterminée pour que tout abus commis par ceux qui sont censés préserver la paix et protéger les civils, qu’ils soient d’une force onusienne, de l’Union africaine ou autre force de maintien de la paix, soient poursuivi et que justice soit faite.

Les forces internationales en République centrafricaine, l’Opération française Sangaris et la force onusienne la MINUSCA, n’inspirent pas aujourd’hui confiance à la population. Face à la montée de violence à Bangui, les forces internationales ne se sont pas convenablement investies pour sauver la population de la griffe des escadrons de la mort qui mettent à feu et à sang la capitale centrafricaine.
Une fois de plus, la ville de Bangui la capitale centrafricaine a connu depuis une semaine de violents affrontements entre les milices armées du km5 et les Antibalaka. Ces affrontements ont sinistré une bonne partie de la capitale notamment le 3ème, 5ème et 6 arrondissement de Bangui. L’assassinat à Bangui des trois membres de la délégation de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), venus de Bambari a été l’élément déclencheur de ce regain de violence.
Face à cette situation, les forces internationales présentes dans le pays jouent aux spectateurs qui, dans les gradins du stade de football, regardent jouer. Si bien que l’on assiste à beaucoup de perte en vies humaines, à l’incendie des maisons dans les quartiers Fatima, Kina, Catin, Sara, Castors et Kpetene. Les escadrons de la mort du km5 dans le 3ème arrondissement ont démontré de quoi ils sont capables. La tactique de terre brulée, est devenue leur mode opératoire au vu et au su de la MINUSCA et Sangaris.
A force de constater l’inactivité des forces internationales qui assistent et «contribuent» à ces regains de violence, la société civile hausse le temps en demandant à la MINUSCA et Sangaris d’appliquer leurs mandats respectifs. A défaut de cette application, le groupe de travail de la société civile centrafricaine exige purement et simplement leur retrait du territoire national. Cette attitude des forces internationales en Centrafrique est de nature à faire pérenniser le conflit en République centrafricaine tout en leur permettant de continuer de s’enrichir par tous les moyens dans le pays.
Par ailleurs, un silence complice est observé du côté du gouvernement de transition qui n’a rien fait pour décompter cette situation. Malgré la montée rapide de la spirale de violence sur le terrain terrorisant la population civile, les autorités de la transition ne cherchent pas à assumer leur responsabilité alors la protection des citoyens centrafricains leur revient en premier lieu.

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