Armel Sayo, un chef rebelle qui veut diriger la République centrafricaine

Publié le 13 novembre 2020 , 1:25
Mis à jour le: 13 novembre 2020 1:25

 

Bangui, République centrafricaine, vendredi, 13 novembre 2020, 07:13:36 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Armel Sayo Ningatoloum, ancien gendarme de première classe, devenu chef de sécurité du candidat Ange Félix Patassé en 2011, puis chef du mouvement armé « Révolution Justice », a déposé mardi son dossier de candidature à la présidentielle du 27 décembre 2020 auprès de l’autorité nationale des élections. Toujours chef rebelle, Armel Sayo Ningatoloum, inscrit à la vingtième place à l’autorité nationale des élections,   peut-il être éligible entant que chef rebelle  ?

 

L’un des signataires de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, le gendarme de  première classe Armel Sayo Ningatoloum a été nommé ministre dans le gouvernement de Firmin NGRÉBADA en mars 2019.

Actuel chef du mouvement rebelle « Révolution justice »,  un groupe armé très actif dans la région du nord-ouest, principalement dans la préfecture de l’Ouham-Péndé, Armel Sayo Ningatoloum a été consacré à Bangui pasteur de son église  de réveil alors qu’il a encore des criminels lourdement armés sous son ordre. Mais le mardi dernier, à la surprise de tous, l’homme est allé déposer sa candidature auprès de l’autorité nationale des élections afin de briguer la magistrature suprême de l’État. Sauf que la constitution du 30 mars 2016 et le code électoral ont clairement indiqué que pour être éligible, le candidat ne doit pas, entre autres, faire une entorse à la loi, et jouir d’une bonne moralité.  Mais le fait d’être l’un des présumés criminels chefs rebelles, Sayo peut-il être éligible ?

Notons que Monsieur Armel Sayo avait été  l’un des porte-parole de l’ex-coalition rebelle de la Seleka en 2012 et 2013, puis chef militaire du front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine, avant de créer en 2014 son propre mouvement armé, la Révolution justice » avec l’appui d’un mercenaire criminel belge François Toussaint, condamné par ailleurs dans son pays pour meurtre. Ce mercenaire a été  arrêté dans le pays en 2015 par les casques bleus de la Minusca, et extradé au Royaume de Belgique pendant que son ami, le chef rebelle Armel Sayo était ministre de sports et de la jeunesse dans le gouvernement Mahamat Kamoun.

« Si l’homme n’est plus chef rebelle, on peut comprendre. Mais étant chef rebelle actif, et candidat à la présidentielle, c’est se moquer du peuple centrafricain. Si sa candidature est validée par la cour constitutionnelle, cela va constituer une jurisprudence pour les autres criminels comme Abdoulaye Hissen, Noureddine Adam  et bien d’autres pour ne citer que ceux-là », s’alarme une étudiante  en droit à l’Université de Bangui.

Au même moment, un autre étudiant déplore le comportement de certains compatriote, une fois nommé au sein du gouvernement, se prépare à briguer la magistrature suprême de l’État  pour la simple raison qu’ils voudraient seulement garantir leur poste car ils savaient très bien qu’ils ne pouvaient pas être élus, mais préfère s’engager au second tour derrière un autre candidat, et bénéficier d’un poste au sein du gouvernement si leur candidat accède à la magistrature suprême de l’État.

Notons que tous les dossiers déposés depuis le 01 novembre 2020 auprès de l’autorité nationale des élections sont transférés à la cour constitutionnelle pour la validation ou non.

 

Par Gisèle MOLOMA

Journaliste politique

Alain Nzilo

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