APPR en République centrafricaine : joyeux ou triste anniversaire ?

Publié le 30 janvier 2020 , 8:42
Mis à jour le: 30 janvier 2020 8:42
L'ex-chef d'État soudanais Omar El-Bechir et le Président centrafricain Faustin Archange Touadera lors de paraphe de l'accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine à Khartoum, au Soudan. CopyrightDR.
L’ex-chef d’État soudanais Omar El-Bechir et le Président centrafricain Faustin Archange Touadera lors de paraphe de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine à Khartoum, au Soudan. CopyrightDR.

 

 

 

Bangui (République centrafricaine) – Il y a maintenant presque une année que l’accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR) en République centrafricaine, accord dit de Khartoum a été signé à Bangui. Cet accord qui rappelons le vise à désarmer les groupes armés, à les démobiliser et à faire cesser toute hostilité avait été défendu sur l’échiquier par la diplomatie russe. Depuis, de l’eau a coulé dans l’Oubangui et il appartient à chacun de se faire sa propre opinion sur la réussite ou l’échec de cet accord.

Pour cela, il est important de regarder la situation sur le terrain ! Depuis un an, qu’en est-il ?

 

Force est de constater que tout n’est pas rose. Et pour preuve ! Les sessions du comité exécutif de suivi de l’APPR se suivent (nous en sommes à la 7ème) et en province, les dés ne sont pas jetés pour autant. Les groupes armés continuent à mettre en coupe franche le pays et à se servir sur la bête par tous les moyens. Les barrages routiers dressés par les coupeurs de route, les taxes mises en place au titre de la soi-disant protection des populations par les groupes armés, les arrangements lucratifs avec les mercenaires qui exploitent les mines de diamants, longue est la liste des exactions en tout genre qui viennent plombés cet accord.

Quant aux affrontements, tantôt en sommeil, ils ont repris avec l’arrivée de la saison sèche.

Que ce soit récemment à Alindao où l’UPC a encore violé l’accord et occasionné de nouveaux blessés et des morts ou encore à Birao et Bria  où de violents combats ont repris et sont en cours à l’heure où ces lignes sont écrites, la population centrafricaine ne vit toujours pas en paix et le chemin semble encore long pour y arriver.

 

Amer constat, mais là où certains voient le verre à moitié vide, on peut aussi le considérer comme à moitié plein ! En effet, la MINUSCA ne ménage pas ses efforts pour tenter de faire respecter au mieux cet accord et dans nombre d’endroits en province, une certaine stabilité est observée et une vie quasi normale reprend. Les Centrafricains sur le terrain le savent bien, comme les habitants de Pombolo par exemple qui savent ce qu’ils doivent à l’action récente du contingent gabonais. Un autre exemple d’avancée dans ce processus est la formation des unités spéciales mixtes de sécurité (USMS) dont les premières ont été formées fin 2019 à Bouar. Alors, osons dire que même s’il n’avance pas assez vite aux yeux des Centrafricains qui subissent la loi des groupes armés, cet accord va dans le bons sens malgré tout. Accusée de ne pas être assez efficace par certains qui ont la critique facile depuis leur confort banguissois sans relever les manches pour aider, il faut leur dire que selon l’expression consacrée : « Rome ne s’est pas faite en un jour » et qu’on ne relève pas un pays qui a connu tant de crises successives par un coup de baguette magique. Et puis, concrètement, que font ceux qui ont tiré les ficelles de cet accord en coulisse et qui, au lieu de contribuer au retour de la paix dans le pays, profitent de cette situation qui les arrange pour le piller de ses richesses ?

 

Autant de questions qui méritent d’être posées pour que chacun puisse se faire sa propre opinion sur le sujet. Alors, dans tous les cas et comme la période des vœux est toujours d’actualité, souhaitons la meilleure issue de cet accord pour la paix en Centrafrique!

 

Adama Bria

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