Anicet Georges Dologuelé favorable au retour de François Bozizé au pays.

Le Président du parti URCA Anicet Georges Dologuelé à gauche et l'ancien Président François Bozizé à droite. Image combinée par CNC le 8 décembre 2019.
Le Président du parti URCA Anicet Georges Dologuelé à gauche et l’ancien Président François Bozizé à droite. Image combinée par CNC le 8 décembre 2019.

 

 

Prise de position du Président de l’URCA sur la question du retour de François BOZIZE en RCA

 

Depuis quelques semaines, les militants du parti KNK multiplient les appels aux autorités de notre pays, notamment au cours des nombreux meetings du parti, pour réclamer le retour au pays du Président Fondateur du KNK, l’ancien Chef d’Etat François BOZIZE YANGOUVONDA.

Ils ont bien raison !

Je rappelle que lors de mon discours prononcé en juillet 2015 lors du congrès de l’URCA qui me désignait comme candidat aux élections présidentielles, j’avais déclaré ce qui suit :

« Si nous avons traversé autant de crise depuis 30 ans, les causes ont toujours été politiques. Et parmi ces causes, il y a les mauvais traitements réservés à nos anciens Chefs d’Etat, dont nous avons tendance à minimiser les conséquences. Ainsi, Jean Bedel BOKASSA, après avoir été pendant 13 ans Président puis Empereur, est mort dans la misère ; David DACKO, qui a été Président à deux reprises,  est mort dans la misère ; André KOLIGNBA,  qui a dirigé notre pays pendant 12 ans, est mort dans la misère ; Ange Félix PATASSE, Président pendant 9 ans et demi, est mort dans la misère. Quand mettrons-nous fin à ce cycle ? Ma conviction est que devons instituer un statut spécial pour les anciens Chefs d’Etat et certaines hautes autorités, cela contribuerait à réduire les causes de cette instabilité chronique que connait notre pays. Je m’y engage.»

A l’époque, ma déclaration avait suscité beaucoup d’émotion et de réactions passionnées, que je comprends parfaitement. Mais il n’y a pas de place pour l’émotion quand on veut régler les vrais problèmes d’un pays, notamment ceux relatifs aux questions de paix et de sécurité.

Si nous n’arrêtons pas le cycle d’exil et/ou de clochardisation des anciens Chefs d’Etat, nous courons le risque d’entretenir la frustration de leurs partisans, ce qui  pourrait contribuer à fragiliser la cohésion nationale et à dégrader le climat politique dans notre pays.

Ce que j’ai déclaré en juillet 2015, je continue de l’affirmer: tous les anciens Chefs d’Etat Centrafricains doivent vivre dans leur pays et être traités avec le respect et les égards que leur confèrent les responsabilités qu’ils ont assumées au sommet de l’Etat.

Cela ne compromettra en rien l’agenda et le rythme de Dame Justice.

Dans ce sens, je note avec satisfaction qu’une loi sur le statut des anciens Chefs d’Etat a récemment été déposée à l’Assemblée Nationale. Une fois votée et promulguée,  j’espère que cette Loi s’imposera à tous et constituera un frein aux velléités de  traitements au cas par cas, en fonction du degré d’amitié ou d’animosité que l’on porterait à tel ou tel ancien Chef d’Etat.

François BOZIZE est un ancien Chef d’Etat qui a dirigé notre pays pendant 10 ans. Comme tous les anciens Chefs d’Etat,  comme Faustin Archange TOUADERA demain, il a le droit de vivre, de vieillir et de finir ses jours dans son pays,  dans des conditions dignes de son rang.

 

Anicet Georges DOLOGUELE

 

Déclaration AGD sur le retour de Bozize