à Bouar, une accalmie après une visite des responsables religieux

Publié le 13 février 2021 , 3:03
Mis à jour le: 12 février 2021 10:03

Centrafrique : à Bouar, une accalmie après une visite des responsables religieux

Bangui ( République centrafricaine ) – Du 8 au 9 février 2021, les leaders de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) ont effectué une mission de paix à Bouar, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré. À cette occasion, ils ont demandé aux rebelles de la coalition des patriotes pour le changement (CPC) de ne pas privilégier les armes comme moyen de résolution des différends.

Alors que la Centrafrique vit une période de grande instabilité depuis la veille des élections du 27 décembre 2020, des membres la Plateforme des confessions religieuses se sont rendus à Bouar, dans l’Ouest de la Centrafrique, première ville garnison du pays, les 8 et 9 février./////////////.

De violents affrontements y avaient eu lieu le 9 et 17 janvier entre troupes de la Coalition des groupes armés pour le changement (CPC) et forces de l’ordre. Cette situation avait poussé plusieurs milliers de personnes à quitter leur domicile pour se retrancher dans des camps./////////////.

La délégation de la Plateforme des confessions religieuses qui s’est rendue sur les lieux en médiatrice, comptait six membres. Il s’agit, pour le compte des Églises protestantes, de l’apôtre Nicolas Ngbangou Nguerekoyame, du pasteur Nicolas Simplice Singa Gbazia, président des alliances évangéliques en Centrafrique (AEC) et pour le compte des musulmans, de l’imam Abdoulaye Ouasselegue et de l’imam Houssein. Les catholiques étaient représentés par Clarisse Manehou, présidente des femmes chrétiennes catholiques et par l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga/////////////.

Une situation humanitaire désastreuse/////////////.

« Notre but était de rencontrer nos frères et sœurs de Bouar qui, depuis un mois, étaient dans une prison à ciel ouvert. Ils ne pouvaient plus sortir ni vaquer à leurs activités champêtres, explique le cardinal Dieudonné Nzapalainga qui décrit une situation humanitaire catastrophique. Nous avons trouvé des femmes qui venaient d’accoucher dans des conditions très difficiles. Six nouveaux-nés nous ont été présentés faisant vraiment penser à la situation de Jésus dans la crèche »./////////////.

En outre, de nombreux déplacés dorment sous des arbres car n’ayant plus de place dans les salles du site d’hébergement. La route pouvant permettre aux humanitaires d’accéder au camp de réfugiés a été bloquée par les rebelles, coupant totalement les déplacés du reste du pays. « Le programme alimentaire mondial avait distribué de la nourriture qui a été vite consommée et depuis près d’un mois, il n’y a plus rien, alerte encore l’archevêque de Bangui. À notre arrivée, la foule criait ‘nous avons faim’! »/////////////.

Lueur d’espoir/////////////.

Petite lueur d’espoir, à l’annonce de l’arrivée de la délégation de la Plateforme des confessions religieuses, les troupes du groupe armé 3 R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) – membres de la CPC- qui assiégeaient Bouar, avaient accepté de quitter la ville. « Nous avons eu au téléphone les responsables de ce groupe qui nous ont dit ‘on a appris que des hommes de Dieu arrivent, nous ne voulons pas la guerre, nous allons donc nous retrancher’ », assure la Plateforme des confessions religieuses./////////////.

Les 8 et 9 février, une accalmie s’est effectivement installée durant la visite des chefs religieux. Le 9 février, les forces loyalistes ont repris la ville et le porte-parole des 3 R a publié un communiqué assurant que les humanitaires ne seraient pas inquiétés./////////////.

Lucie Sarr

Avec LaCroix

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