BENIN : La diaspora béninoise met Patrice Talon en garde contre l’exclusion de l’opposition des élections législatives prochaines

Publié le 18 mars 2019 , 7:21
Mis à jour le: 18 mars 2019 7:22
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BENIN : La diaspora béninoise met Patrice Talon en garde contre l’exclusion de l’opposition des élections législatives prochaines

 

Paris (CNC) – Depuis quelques temps, les béninois descendent dans les rues pour dénoncer les politiques menées par Patrice Talon et son gouvernement, notamment la confiscation
de la liberté des médias, les arrestations et emprisonnements de citoyens béninois sans motifs valables, l’improvisation de lois scélérates pour disqualifier
les partis d’opposition de toutes compétitions électorales et enfin l’accaparement par le Président de la République du patrimoine public à son profit
au travers d’attributions de marchés publics « de gré à gré ».

 

C’est l’affairisme au sommet de l’Etat au détriment du peuple économiquement asphyxié et
privé de ses droits fondamentaux.
C’est pour dénoncer l’injustice et la dictature de Talon et soutenir le vaillant peuple en lutte que les béninois de la Diaspora en Europe ont organisé
le vendredi 15 mars 2019, un Sit in historique devant l’Ambassade du Bénin à Paris.
Les dieux et mânes béninois auraient -ils béni ce Sit-in en déjouant les prévisions de la Météo française, qui avait annoncé deux jours auparavant des
diluviennes à Paris et dans sa région ce vendredi ?
C’est en tout cas, le constat de nombreux béninois qui se sont rendus à cette manifestation pour crier haut et fort, leur révolte face au régime de terreur
instauré dans le pays par Patrice Talon depuis avril 2016.
Dès 14h00, l’avenue Victor Hugo fut envahie par les organisateurs et les manifestants dont les militants de l’Association des Droits de l’Homme en Côte
d’Ivoire remontés et décidés à alerter les citoyens
français, les touristes de tous les continents et la communauté internationale sur le drame silencieux qui se joue au Benin.
Ils estiment que la situation au Benin est grave notamment avec l’instauration d’un « Etat policier », d’un régime dictatorial et de terreur, l’improvisation
de lois arbitraires et liberticides qui privent les travailleurs, le peuple et les opposants de leurs droits les plus élémentaires (Droits de grève, liberté
individuelle d’expression, arrestations et emprisonnements sans procès, la chasse aux opposants, la spoliation du patrimoine national au seul profit de
Patrice Talon et de sa famille…)
Prenant la parole, un des exilés du régime de Patrice Talon, Léonce Houngbadji, d’une voix ferme et parfois émouvante a appelé : « à l’union sacrée de
tous les patriotes et démocrates pour combattre l’autocrate, libérer le Benin afin de le sortir de l’impasse électorale »
Les manifestants ont renchéri en lançant des slogans hostiles au pouvoir du palais de la Marina et mis le Président Patrice Talon en garde contre l’exclusion
des Partis d’opposition des élections législatives d’avril 2019 « Pas d’élections législatives au Benin sans l’opposition ». Pouvait-on lire sur une pancarte.

Ils ont également exigé entre autres :
– La libération immédiate des prisonniers politiques (Laurent Mètognon, Edouard Adégoké, Salomon Youssao Aboudou, Sabi Sira Korogoné, Samir Zakari, Thibault
Ogou et bien d’autres)
– L’abrogation des lois scélérates et arbitraires
– L’inclusion des partis d’oppositions aux législatives
– La suppression immédiate du certificat de conformité et du quitus fiscal (une invention du Président de la cours constitutionnelle, avocat personnel
et ami de Patrice Talon, M. Joseph Djogbenou à deux mois des élections législatives) pour disqualifier tous les partis d’opposition.
– La suppression de la caution de 249 millions de Francs CFA que doit verser tout candidat aux élections législatives.
– Le retour au pays des responsables de partis d’opposition contraints à l’exil (Léhady Soglo, Sébastien Ajavon, Valentin Djènontin, Komi Koutché, Léonce
Houngbadji et autres…)
A l’issue de ce Sit in qui restera gravé dans les annales de l’histoire de la diaspora béninoise en France, une lettre des manifestants adressée au président
Talon a été transmise à l’Ambassade.
Aujourd’hui, le désamour est total et visible entre le peuple et l’homme d’affaire Patrice Talon devenu Président de la République. La démocratie béninoise
est en danger.
Tout peut arriver dans ce pays longtemps cité comme modèle de la démocratie en Afrique après la conférence nationale des forces vives de la Nation en 1990,
si rien n’est fait pour le sortir de l’impasse électorale.
D’autres actions d’envergure sont prévues par la diaspora dans les jours à venir.

 

Par : Nicos Avodokandji