CENTRAFRIQUE : LE PK5, UNE POUDRIÈRE QUI MENACE LA COHÉSION SOCIALE DU PAYS

Publié le 28 février 2018 , 4:15
Mis à jour le: 28 février 2018 7:26

CENTRAFRIQUE : LE PK5, UNE POUDRIÈRE QUI MENACE LA COHÉSION SOCIALE DU PAYS

 

 

 

Le quartier Km5 le 23 février 2018. Photo : Anselme Mbata, CNC.

 

 

Bangui, le 1er mars  2018.

Par : Akouissonne de Kitiki, CNC.

 

UNE  ENCLAVE  MUSULMANE  DJIHADISTE ?

          Nous avons à maintes reprises, ici même, mis en garde les autorités centrafricaines sur les dangers potentiels que représente la guerre des clans au KM5. Il s’agit à l’évidence de mafias, qui se font passer pour des groupes dautodéfense. De bandes de rufians, qui ont décidé de transformer le quartier emblématique de la capitale en une proie à pecer. Le KM5, quartier dit musulman, est ainsi devenu lavant-poste des actions terroristes islamiques. Daech en déroute au Moyen-Orient pourrait bien se replier dans des pays dAfrique instables et militairement faibles.

          Les autorités centrafricaines devraient, en urgence, identifier ceux de leurs concitoyens qui ont rejoint les djihadistes de lEtat IslamiqueCombien, dailleurs, sont revenus clandestinement au pays ? Un quartier emblématique de la capitale comme le KM5 est une aubaine pour des terroristes capables de tout pour que l’instabilité perdure en République Centrafricaine.

          De fait, cest toute lAfrique Centrale qui risque d’être menacée. Il ne faut pas oublier que Nourredine Adam, lors de son exil doré au Bénin avec Michel Djotodia, a noué des liens confessionnels avec Boko-Aram, dont le chef a fait allégeance à l’État Islamique. Les affrontements fratricides et sanglants entre musulmans sont des actes de grand banditisme, quil faut éradiquer sans faiblir. Si non, nous verrons surgir, en plein centre de la capitale, des foyers de troubles impossibles à juguler.

 

PROTÉGER LA MINORITÉ MUSULMANE

Il faut protéger les musulmans centrafricains. Leur redonner le sentiment dappartenir à la communauté nationale. Il faut les isoler des musulmans étrangers qui pervertissent lislam. Ces musulmans étrangers venus du Tchad, du Soudan, du Darfour et du Niger. Cest eux qui créent le chaos au PK5. Cest eux qui, arment et dirigent Les malfrats du PK5.  Qui terrorisent et rackettent les habitants. Il faut que les habitants du PK5 isolent les malfaiteurs, et exigent leur désarmement du quartier.

          On peut dailleurs se demander pourquoi le PK5 est devenu un quartier musulman. Ses habitants sont-ils exclusivement musulmans ? Si cest le cas, on a affaire à un foyer de communautarisme, avec tous les dangers du repli sur soi, alors quon est dabord centrafricain avant d’être musulman catholique ou protestant. Dans l’état de division où se trouve la RCA, en proie à des affrontements violents, il faut tout faire pour éviter les symboles communautaristes. La cohésion sociale du pays, déjà fortement ébranlée, risque de ne pas tenir.

UN DEVOIR POUR L’ÉTAT : DÉSARMER LE PK5    

          Pour éviter que Bangui ne devienne un repaire de terroristes, il faut impérativement neutraliser les chefs des deux gangs qui terrorisent la population du KM5. Les dispositifs prévus par le ministre de la Sécurité, le général Henri Wanset Linguissara, devraient le permettre, mais il faut quils soient soutenus par tous, musulmans et non-musulmans.

          Saluons ici lengagement du ministre. Il nous semble que cest la première fois que le gouvernement décide de tout faire pour rétablir l’état de droit dans une portion du territoire prise en otage par des bandes armées, qui rackettent et terrorisent, par l’intermédiaire de deux clans musulmans particulièrement cruels. 

          Ces actions de sécurisation doivent se multiplier un peu partout en Centrafrique. Il faut que les FACAS et les forces de sécurité, qui interviennent en binôme avec la MINUSCA, manifestent une présence forte face aux rebelles. Malgré le comportement critiquable de certains de leurs éléments, il faut continuer, sans relâche, l’éducation des FACAS, de façon à les aguerrir. La stabilité du pays ne peut être garantie que par la détermination de son armée  nationale et citoyenne ce qui implique de lexpurger de tous ses éléments nocifs, à savoir des mercenaires étrangers pourvus des faux passeports centrafricains délivrés sous la présidence de François Bozizé et du gouvernement de Transition.

 

TRAQUE DES DÉTENDEURS DARMES 

          En peu de temps, le PK5 est devenu, comme NDélé, un gigantesque marché d’armes à ciel ouvert. Les engins de mort proviennent des pays musulmans limitrophes : Tchad, Soudan, Darfour, décidés à aider leurs frères musulmans de Centrafrique. Ce sont ces armes, convoyées par des mercenaires, qui permettent aux bandits dimposer au PK5 leur loi, celle du plus fort.

          C’est pourquoi lurgence est de débusquer les caches d’armes, d’arrêter rapidement les deux chefs de gang et de neutraliser leurs réseaux. Les FACAS et les forces de sécurité sont maintenant déployées sur le terrain. Il appartient au gouvernement de fixer à la MINUSCA les contours de sa mission, consistant à mettre sa logistique et ses hélicoptères à la disposition des forces centrafricaines. Il faut aussi,  demander à la France de passer à l’offensive avec ses drones, ses hélicoptères et ses VAB (Véhicules Avant Blindés).

 La somalisation de la République Centrafricaine est inexorablement en marche. Pour l’empêcher, il faut neutraliser et désarmer les rebelles sur tout le territoire. Il en va de la survie de la République Centrafricaine, affaiblie par de cruelles agressions venues de toutes parts, mais état souverain.

« Grave est la nuit mais lhomme a disposé ses signes fraternels. La lumière vint malgré les poignards » (Jean Picart Le Doux)

  1. AKOUISSONNE DE KITIKI

(29 février 2018)

 

 

Monsieur Akouissonne de Kitiki, l’auteur de l’article.