Centrafrique :memorandum du mouvement de solidarité intercommunautaire à Monsieur Antonio Guterres, SG de l’ONU.

Publié le 27 octobre 2017 , 4:46
Mis à jour le: 27 octobre 2017 4:46

Centrafrique :memorandum du mouvement de solidarité intercommunautaire à Monsieur Antonio Guterres, SG de l’ONU.

 

Monsieur Euloge Koi

 

 

MEMORANDUM A LA TRES HAUTE ATTENTION DE SON EXCELLENCE M.ANTONIO GUTERRES SECRETAIRE GENERAL DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

Relatif à notre contribution à la recherche d’une solution durable à la crise centrafricaine

 

 

Nous, Citoyens Centrafricains, réunis au sein du mouvement « Solidarité Intercommunautaire pour la Restauration de la Paix et la Cohésion Sociale – SICREPACS) ;

Profitant de l’occasion de la visite de travail de Son Excellence, Antonio GUTERRES, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, en République Centrafricaine, du 24 au 27 octobre 2017 ;

Sachant que la crise qui sévit actuellement en République Centrafricaine, ayant débuté en 2012, n’a pas laissé le pays indemne, tant les conséquences humaines, économiques et politiques sont alarmantes ;

Constatant qu’avec près de 10 000 morts, plus d’un million de déplacés internes et de réfugiés, et plus ou moins 2 millions de personnes dans le besoin humanitaire, le Centrafrique est forcement devenu un Etat fantôme, réduit à sa seule capitale Bangui ;

Reconnaissant que cette guerre qui touche directement les populations civiles innocentes a des répercussions sur tous les aspects de la vie de celles-ci en termes de santé, de logement, de nourriture, de l’eau potable et de scolarité ;

Notant que la recrudescence et la persistance des violences évoluant depuis quelques mois ont touché les villes et localités de Bambari, Ndélé, Bria, Koui, Bouar, Bangassou, Kabo, Kaga-Bandoro, Batangafo, Dékoua, Mala, Alindao, Paoua, Markounda, Niem Yelewa, Bang, Bocaranga, Satéma, Mobaye, Kembé, Pombolo, ont augmenté la vulnérabilité et le nombre des victimes ;

Considérant qu’à cela s’ajoutent, les tensions et rivalités politiques malsaines entre les institutions étatiques qui entravent la paix et le retour à la vie normale des populations éprises de paix et de sécurité pour vaquer librement et paisiblement à leurs occupations habituelles de travaux champêtres, d’élevage, de chasse et de pêche ;

Considérant que le manque de volonté des parties de s’accorder sur les conditions et les principes du DDRR et les difficultés pour les pouvoirs publics de faire de la prévention un axe prioritaire de leurs actions pour empêcher de nouvelles atrocités de masse ;

Conscients que l’intervention militaire seule ne saurait se substituer au dialogue politique inclusif global et à la médiation ;

 

Considérant l’absence de force dissuasive de la MINUSCA, ce qui favorise l’enracinement des groupes armés ;

Considérant le risque accru de génocide ;

Estimant qu’il est temps que cette guérilla territoriale, nourrie par l’envie de contrôler les ressources naturelles et certains axes commerciaux, cesse ;

Agissant au nom de la paix, de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale ;

 

Faisons les propositions ci-après :

  • Inscrire dans votre agenda, en votre qualité de Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, dépositaire de l’autorité confiée par l’article 99 de la Charte des Nations Unies, l’engagement d’attirer, l’attention du Conseil de Sécurité sur les situations très préoccupantes des populations civiles, afin que le Conseil puisse non seulement accroitre des moyens militaires, matériels et financiers, mais faire usage de nombreux atouts à disposition pour préserver des vies humaines ;
  • Attirer l’Attention du Conseil sur l’impératif pour les Nations Unies de s’investir dans un dialogue inclusif avec toutes les parties pour trouver des solutions politiques durables afin de restaurer la paix et la sécurité tant souhaitées par tous;
  • Reconnaitre qu’accorder la priorité à l’organisation d’un véritable dialogue politique inclusif global auquel participeraient les anciens Chefs d’Etat François BOZIZE, Michel DJODODIA et Catherine SAMBA-PANZA, n’est pas une option, mais une urgente nécessité absolue qu’il convient d’y faire droit.
  • Fait à Bangui, le 23 octobre 2017P/Le Coordonateur Général  Chargée des Relations Extérieures
  • P/O Hortense Harold BISSAFI
  • Dr Doctrouvé Euloge KOI